Mettre en place un cessez-le-feu immédiat et faire de la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola un catalyseur de la paix. C'est l'un des messages forts du président sud-africain Cyril Ramaphosa, ce jeudi 2 juillet, lors de sa visite de solidarité à Kinshasa, en sa qualité de champion de l'Union africaine pour la préparation, la prévention et la riposte aux pandémies (PPPR).
L'appel du chef de l'État sud-africain intervient dans un contexte où cette épidémie est apparue dans une zone de la RDC confrontée à des conflits armés et à une situation humanitaire préoccupante. Pour celui qui est également président en exercice de la SADC, la guerre ne peut constituer une réponse à cette crise, et aucun professionnel de santé ni acteur humanitaire ne devrait perdre la vie en tentant de sauver celle des autres, notamment des personnes touchées par l'épidémie d'Ebola dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri.
« Nous avons besoin d'un cessez-le-feu dans la zone affectée par la maladie à virus Ebola. Un cessez-le-feu est nécessaire pour permettre le passage des acteurs humanitaires et des professionnels de santé indispensables à la riposte, ainsi que l'acheminement des produits nécessaires pour soigner les personnes affectées par la maladie. La guerre n'est pas la réponse dans des circonstances comme celles-ci. C'est le moment de mettre en place un cessez-le-feu, et cette épidémie peut même devenir un catalyseur de la paix », a déclaré Cyril Ramaphosa.
Au-delà des parties au conflit, le président sud-africain a également exhorté les différentes communautés à protéger les personnels de santé et l'ensemble des acteurs engagés dans la riposte contre cette épidémie de maladie à virus Ebola.
« Nous lançons un appel à toutes les communautés afin qu'elles protègent les professionnels de santé en première ligne, ainsi que les volontaires qui risquent leur vie pour sauver celle des autres. Ils ne devraient jamais être confrontés à la peur, à la stigmatisation ou à la violence alors qu'ils sont au service de la population », a-t-il ajouté dans son discours, en présence de son homologue Félix Tshisekedi et de plusieurs autres personnalités.
Le 17 mai, soit deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie en RDC, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé la flambée d’Ebola causée par la souche Bundibugyo, qui s’est ensuite propagée à l’Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).
Selon l’OMS, l’épidémie a connu une expansion géographique et son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est notamment aggravée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l’insuffisance des infrastructures sanitaires, les difficultés d’accès à certaines zones affectées par les conflits armés, ainsi que l’absence de vaccin et de traitement spécifique contre cette souche du virus.
Malgré ce contexte préoccupant, les autorités de la RDC se veulent rassurantes et rejettent tout discours alarmiste. Elles mettent en avant les efforts déployés en collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux afin de contenir l’épidémie. Elles rappellent également l’expérience acquise par le pays dans la gestion des crises sanitaires, la RDC ayant déjà fait face à seize précédentes épidémies d’Ebola, toutes maîtrisées au terme d’importantes opérations de riposte.
Clément Muamba