Dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, le gouvernement français a, une nouvelle fois, tiré la sonnette d’alarme sur la nécessité de renforcer les efforts diplomatiques afin d’obtenir un cessez-le-feu effectif dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette déclaration a été faite lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.
Prenant la parole au nom de la France, l’ambassadeur et représentant permanent de la France auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU) à New York, Jérôme Bonnafont, a insisté sur l’urgence de protéger les populations civiles face à la poursuite des violences et à l’usage récurrent de drones.
La France s’est également dite préoccupée par l’attaque attribuée à l’AFC/M23 contre l’aéroport de Kisangani, une infrastructure située à plusieurs centaines de kilomètres des lignes de front.
"Tout d'abord, le cessez-le-feu est plus que jamais une priorité pour protéger les civils, nous appelons les parties à le respecter effectivement. La poursuite des combats menace les populations, la recrudescence des attaques de drones est inquiétante. Une de nos compatriotes travaillant pour l'UNICEF en a été victime à Goma. Nous appelons à la transparence sur les responsabilités de cette attaque. Nous sommes également préoccupés par l'attaque menée récemment par l'AFC/M23 contre l'aéroport de Kisangani, situé à près de 400 kilomètres des lignes de front", a indiqué vendredi 26 juin, le représentant de la France à l'ONU.
Pour Paris, la mise en œuvre d’un cessez-le-feu durable reste une condition essentielle pour permettre une sortie de crise. "Un cessez-le-feu effectif est indispensable pour protéger les populations des combats et donner une chance à la paix" a souligné Jérôme Bonnafont.
Le représentant français a rappelé que les engagements pris à Montreux par les parties impliquées dans le conflit doivent être respectés, notamment en matière de droit international humanitaire, d’accès humanitaire et de protection des infrastructures civiles.
Devant le Conseil de sécurité, la France a également appelé les acteurs concernés à appliquer pleinement la résolution 2773, adoptée à l’unanimité par cette instance. Cette résolution prévoit notamment la cessation immédiate des hostilités, le retrait des Forces de défense rwandaises du territoire congolais, l’arrêt du soutien du Rwanda au M23 ainsi que la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) par les autorités congolaises.
"Le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo n'est pas négociable. Il devra faire partie d'une solution politique durable, qui passera également par la cessation de tous les discours de haine ainsi que par des avancées dans le dialogue national congolais", a souligné le diplomate français.
L'aéroport international de Bangboka, à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, a été à plusieurs reprises la cible d'attaques de drones explosifs revendiquées par la rébellion de l'AFC/M23. Le groupe rebelle appuyé par Kigali affirme avoir visé spécifiquement un centre de commandement des drones des FARDC installé sur le site. L’AFC/M23 soutient que ses forces ont mené « une opération ciblée » destinée à « neutraliser et détruire des drones » qui, selon elle, s’apprêtaient à être lancés pour « massacrer des civils et attaquer ses positions » à proximité de la ville de Kisangani. Le mouvement rebelle assure agir dans le cadre de son « devoir patriotique de protéger les populations innocentes ».
Ces événements interviennent en dépit de l’existence de l’Accord de Washington, conclu sous les auspices des États-Unis d’Amérique, ainsi que des réunions d’évaluation qui se succèdent et du processus de Doha, mené sous l’égide du Qatar. La situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) continue en effet de se détériorer, malgré la multiplication de ces initiatives diplomatiques censées contribuer à la résolution de la crise.
Clément MUAMBA