Interrogé ce jeudi soir lors du Live Space X animé par Stanis Bujakera Tshiamala, le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku a salué les nouvelles sanctions du Trésor américain contre un réseau rwandais impliqué dans le trafic d'or congolais, y voyant la confirmation de sa thèse sur les ressorts économiques du conflit à l'Est.
« Ça vient de lever définitivement les voiles sur le modèle économique du conflit », a déclaré le ministre, affirmant que le pillage des ressources naturelles constitue « la source de tous les conflits dans la région des Grands Lacs ».
Pour Julien Paluku, ces sanctions s'inscrivent dans une logique d'escalade progressive : après les généraux rwandais, dont James Kabarebe et Stanislas Gachougui, patron des forces spéciales, c'est désormais la chaîne économique qui est visée. Il a invoqué la règle dite des 50% de l'OFAC, en vertu de laquelle toute entité collaborant avec des personnes sanctionnées tombe elle-même sous le coup des sanctions, parlant d'une « asphyxie financière par effet domino international ».
Le ministre a également estimé que ces mesures sonnent « la fin de l'exception rwandaise », en référence au narratif que Kigali entretient depuis trente ans autour du génocide de 1994. « Le Rwanda s'est nourri de cette image pour faire des dégâts dans la région des Grands Lacs », a-t-il soutenu, évoquant « l'érosion du modèle de Paul Kagame » et un « isolement diplomatique » croissant. Selon lui, ces développements confirment que « les véritables objectifs que le Rwanda poursuit en RDC s'appellent minerais », une thèse que le département du Trésor américain aurait, à ses yeux, officiellement validée.