Un médecin humanitaire de l'ONG ALIMA, de retour d'une mission contre Ebola en RDC, a été testé positif au virus en France. Le ministère français de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées a confirmé mercredi un premier cas de maladie à virus Ebola sur le territoire national. Le patient est pris en charge dans un établissement spécialisé, en chambre à pression négative, et se trouve dans un état stable. Une enquête épidémiologique est en cours pour identifier ses contacts, qui devront observer un isolement à domicile de 21 jours. Selon le gouvernement congolais, le médecin a exercé jusqu'au 19 juin au centre de traitement Ebola de Rwampara, en Ituri, sans présenter de symptômes avant son départ. ALIMA, son employeur, dit chercher à comprendre comment la contamination a pu se produire. Ce cas est identifié plus d'un mois après la déclaration, par l'OMS le 17 mai, de l'urgence de santé publique de portée internationale sur l'épidémie de souche Bundibugyo.
Qui est ce patient et quel est son lien avec l'épidémie
Selon ALIMA, il s'agit d'un de ses médecins humanitaires. Le gouvernement congolais précise sa fonction sur le terrain : il a exercé comme médecin-réanimateur du 22 mai au 19 juin au centre de traitement Ebola du Centre médical évangélique de Rwampara, en Ituri, l'une des zones de santé touchées par la 17e épidémie du pays. Aucun des trois communiqués ne donne son identité, sa nationalité ou son âge.
Le parcours depuis l'Ituri jusqu'à la France
À l'issue de sa rotation, le médecin a quitté l'Ituri le 19 juin, séjourné à Kinshasa jusqu'au 22 juin, puis rejoint la France le 23 juin. Selon les informations transmises par ALIMA à Kinshasa, il ne présentait aucun signe clinique évocateur de la maladie ni à son départ de Bunia, ni durant son passage dans la capitale congolaise.
Comment le cas a été détecté et pris en charge
Le gouvernement congolais indique qu'arrivé en France et conscient de revenir de l'épicentre de l'épidémie, le médecin s'est rendu dans un établissement de santé, où un test de laboratoire a confirmé l'infection. Le communiqué précise à ce sujet qu'une personne infectée par Ebola ne devient contagieuse qu'à l'apparition des symptômes, et que la transmission ne se fait que par contact direct.
Le ministère français de la Santé détaille les conditions de la prise en charge : toutes les mesures de précaution, dont l'isolement du patient, ont été prises dès son arrivée sur le territoire national, avec un transfert sécurisé vers un établissement de référence. Le patient y est suivi selon des protocoles stricts de sécurité biologique, chambre à pression négative, équipements et procédures dédiés. Le ministère ajoute qu'un suivi dédié est désormais mis en place pour le retour des humanitaires français sur le territoire national.
Le suivi des contacts et les nouvelles mesures
Les deux gouvernements situent leur réponse dans le même cadre juridique, le Règlement sanitaire international. Le ministère français indique qu'une enquête épidémiologique est en cours pour déterminer les personnes ayant été en contact avec le patient ; elles seront contactées sans délai par l'agence régionale de santé et effectueront un isolement à domicile de 21 jours sous surveillance. Le gouvernement congolais, de son côté, annonce avoir saisi la France pour le traçage des contacts exposés sur le territoire congolais.
Kinshasa précise que des mécanismes de surveillance épidémiologique aux points d'entrée et de sortie du territoire, notamment aux aéroports de Bunia et de Kinshasa, restent opérationnels, sans présenter cela comme une mesure nouvelle. La nouveauté annoncée est distincte : toute personne en provenance d'une zone affectée par Ebola devra désormais observer un délai de 21 jours avant tout déplacement, national ou international.
Ce que dit ALIMA sur l'origine de la contamination
L'ONG indique avoir mis en place des conditions de prévention dès le début de son intervention pour protéger ses équipes. Mais dans la même phrase, elle précise que, dans un contexte de forte circulation du virus où ses équipes médicales sont exposées, elle s'attelle à comprendre comment la contamination a pu avoir lieu. Les deux affirmations, mesures de protection en place et origine de l'infection encore à établir, figurent l'une après l'autre dans le même communiqué.
L'épidémie en cours en RDC, due à la souche Bundibugyo, a été confirmée comme 17e épidémie du pays après séquençage le 15 mai, puis classée urgence de santé publique de portée internationale par l'OMS le 17 mai en raison de la circulation active du virus en Ituri. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a évalué, sur cette base, le risque d'infection comme faible pour les résidents et les voyageurs se rendant en zone de circulation active, et très faible pour la population générale européenne. Il n'existe à ce jour aucun vaccin ni traitement antiviral homologué contre cette souche. Les trois communiqués portent la même date, le 24 juin, et ont été publiés depuis Kinshasa, Paris et Dakar.