Dans la conclusion de leur message rendu public à l'issue de l'Assemblée plénière extraordinaire tenue du 18 au 20 juin 2026 à Kinshasa, capitale de la RDC, les évêques catholiques membres de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) appellent les acteurs politiques à privilégier le dialogue afin de préserver la paix et la cohésion nationale. S'appuyant sur l'encyclique Magnifica Humanitas du pape Léon XIV, ils invitent à passer de la "culture de la puissance" à une véritable "culture de la négociation".
Par l'entremise de son secrétaire général, Monseigneur Donatien Nshole, la CENCO estime que seule la voie du dialogue permettra d'éviter une nouvelle crise politique. À cet effet, elle réaffirme son adhésion à l'initiative du "Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RD Congo et dans la région des Grands Lacs", portée conjointement avec l'Église du Christ au Congo (ECC).
Selon les prélats, " seul le dialogue, dans l'esprit de l'initiative "Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RD Congo et dans la Région des Grands Lacs", permettra de consolider la cohésion nationale et surtout d'organiser les élections dans le respect du délai constitutionnel".
Les évêques rappellent également leur position exprimée en 2018 concernant la limitation des mandats présidentiels. "Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Il s'ensuit que tout président ayant épuisé son deuxième mandat ne peut plus en briguer un troisième", ont-ils martelé dans leur déclaration.
À travers ce message, la CENCO réaffirme son attachement au respect strict de la Constitution de 2006 et met en garde contre toute initiative susceptible de fragiliser davantage le pays. Les évêques exhortent les dirigeants et les citoyens à faire preuve de responsabilité afin d'éviter une crise plus grave que celle que traverse actuellement la République démocratique du Congo.
"Puisse le Seigneur, par l'intercession de la Sainte Vierge Marie, Notre-Dame du Congo, nous donner la lucidité, la sagesse et l'humilité de nous engager à respecter et faire respecter l'ordre constitutionnel, afin d'épargner au pays une crise pire que celle que nous vivons actuellement", ont-ils souligné dans leur déclaration.
Du côté de la majorité parlementaire, incarnée par l'Union sacrée de la nation, les élus insistent sur le fait que la proposition de loi fixant les conditions d'organisation du référendum vise uniquement à doter la RDC d'un cadre légal permettant au peuple de se prononcer sur des questions majeures de la vie nationale. Déposé le 14 décembre 2024 par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, ce texte vise, selon son auteur, à combler un vide juridique et à adapter le cadre légal du référendum aux exigences de la Constitution en vigueur.
Des arguments qui ne convainquent pas l'opposition, laquelle y voit des manœuvres destinées à prolonger le pouvoir de Félix Tshisekedi au-delà de 2028, année marquant la fin de son second et dernier mandat à la tête du pays. Face à cette situation, et après l'organisation d'une journée "ville morte" , l'opposition réunie au sein de la coalition C64 a organisé une manifestation aux abords du Palais du Peuple, siège du Parlement congolais. Cette mobilisation a été réprimée par les forces de l'ordre, avec des bilans divergents avancés par les autorités et l'opposition.
Après ces deux premières actions, l'opposition prévoit d'intensifier la pression dans les prochains jours. Une marche populaire est notamment annoncée pour le 8 juillet prochain avec pour objectif d'exiger la démission de Félix Tshisekedi de la présidence de la République.
Clément MUAMBA