Luis Díaz, James Rodríguez et les choix de Desabre : pourquoi la Colombie sera un défi différent pour les Léopards

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Les Léopards

Le nul obtenu face au Portugal (1-1) a confirmé les qualités de résistance de cette équipe congolaise. Mais il a aussi montré que le prochain rendez-vous face à la Colombie sera d’une nature totalement différente.

Contre le Portugal, les Léopards ont surtout souffert face à une équipe qui cherchait à monopoliser le ballon et à user leur bloc défensif par la possession. La Colombie, elle, semble plus directe, plus verticale et plus dangereuse dans les transitions.

Le match contre l’Ouzbékistan l’a démontré. Certes, les Colombiens ont fini par s’imposer 3-1, mais ils ont longtemps buté sur une défense à cinq compacte et disciplinée. Jusqu’au but de Daniel Muñoz juste avant la pause, l’organisation ouzbèke avait considérablement ralenti les hommes de Néstor Lorenzo.

La RDC observera cette séquence avec intérêt.

Car c’est précisément avec une défense à cinq que Mbemba, Tuanzebe, Kapuadi, Wan-Bissaka et Masuaku ont réussi à tenir tête au Portugal. L’Ouzbékistan a montré qu’il était possible de réduire les espaces et de compliquer la circulation colombienne.

Mais la Colombie possède une arme que les Portugais n’ont jamais réellement trouvée à Houston : Luis Díaz.

Contre l’Ouzbékistan, l’ailier colombien a été partout. Un poteau, une passe décisive, un but et une influence constante sur les attaques de son équipe. Chaque accélération a créé du danger. Si Cristiano Ronaldo est resté discret face à la RDC, Luis Díaz représente un défi beaucoup plus mobile et imprévisible.

La menace ne s’arrête pas là.

Même à 34 ans, James Rodríguez demeure l’un des meilleurs spécialistes des coups de pied arrêtés du football mondial. Corners, coups francs excentrés, centres dans la surface : son pied gauche reste capable de faire basculer un match. La Colombie dispose ainsi d’une arme que le Portugal a très peu exploitée face aux Léopards.

Pour Mbemba, Kapuadi et Tuanzebe, la concentration devra être maximale sur chaque ballon arrêté.

Autre différence importante : la Colombie semble davantage exposée défensivement que le Portugal. Après avoir longtemps maîtrisé la rencontre, elle a concédé l’égalisation ouzbèke sur l’une des premières véritables situations adverses. Son bloc paraît plus ouvert, notamment lorsque ses latéraux et ses milieux se projettent vers l’avant.

C’est peut-être là que réside l’opportunité congolaise.

Les appels de Wissa, les courses de Bakambu ou les projections des milieux pourraient trouver davantage d’espaces que face à une équipe portugaise restée très prudente dans son organisation.

Reste une inconnue majeure : les choix de Sébastien Desabre.

L’entrée de Noah Sadiki face au Portugal a apporté beaucoup d’énergie et de verticalité. Le jeune milieu de 21 ans a participé à plusieurs situations intéressantes et pourrait postuler à une place de titulaire. Mais Mukau, également âgé de 21 ans, a livré un match solide dans un registre différent, plus axé sur l’équilibre et la maîtrise.

La concurrence existe aussi devant. Cédric Bakambu a beaucoup travaillé contre le Portugal. Il a pesé sur la défense adverse, trouvé le poteau et participé aux sorties de balle. Mais il a également manqué plusieurs occasions. Son expérience plaide pour une nouvelle titularisation, mais rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’il débutera face à la Colombie.

C’est peut-être la meilleure nouvelle pour la RDC. Pour une fois, plusieurs options crédibles s’offrent au sélectionneur selon le profil de l’adversaire.

La Colombie abordera également cette rencontre dans une position plus confortable. Avec trois points, elle occupe seule la tête du groupe K. La RDC, elle, sait qu’un succès la rapprocherait fortement d’une qualification historique.

Une chose paraît certaine : le match devrait être plus ouvert que Portugal-RDC. Moins fermé tactiquement, plus rythmé, avec davantage de transitions et probablement davantage d’occasions.

Après avoir démontré qu’ils savaient souffrir ensemble, les Léopards vont désormais devoir montrer qu’ils savent punir un adversaire qui laisse davantage d’espaces. Face à Luis Díaz, James Rodríguez et une Colombie plus joueuse que le Portugal, le défi sera différent. Il sera peut-être encore plus exigeant.