Alors que la République démocratique du Congo se prépare à d'importantes échéances politiques, notamment l'organisation annoncée du dialogue national et le prochain cycle électoral, des tensions internes ont secoué Ensemble pour la République, le parti de l'opposant Moïse Katumbi et membre de la Coalition Article 64 (C64).
Ces derniers jours, des échanges relayés sur les réseaux sociaux ainsi que des témoignages de certains anciens cadres du parti ont fait état de divergences entre Olivier Kamitatu, directeur de cabinet et porte-parole de Moïse Katumbi, et le sénateur Salomon Idi Kalonda, conseiller politique et proche collaborateur de l'ancien gouverneur du Katanga. Selon ces témoignages, les désaccords portaient notamment sur le positionnement que devait adopter le parti face aux grands débats liés à la vie politique nationale.
Cette situation avait suscité de nombreuses réactions parmi les militants et sympathisants de Ensemble pour la République, alimentant les spéculations sur une crise de cohésion au sein de cette formation politique. Mais un communiqué conjoint publié mercredi 29 juillet par Olivier Kamitatu et Salomon Idi Kalonda laisse entrevoir un retour à l'apaisement. Les deux cadres de Ensemble pour la République indiquent s'être rencontrés à la demande du président du parti, Moïse Katumbi.
« À la demande du Président d'Ensemble pour la République, Moïse Katumbi Chapwe, nous nous sommes parlé ce jour, seul à seul, longuement et sans détour », écrivent-ils précisant avoir répondu « sans hésiter » à cet appel.
Les deux cadres reconnaissent que les événements récents ont affecté leurs relations, tout en assurant avoir tourné la page. « Les malentendus qui nous ont opposés sont dissipés. Nous nous en sommes expliqués d'homme à homme, et il n'en reste rien » affirment-ils dans le communiqué conjoint
Dans leur déclaration, ils rappellent également que les divergences politiques doivent être traitées au sein des structures du parti. « Les débats qui traversent notre formation ont leur place dans ses instances, et c'est là que nous les porterons. À ceux qui se sont exprimés en notre nom ou en notre faveur, nous demandons d'en rester là » soulignent-ils dans le document
S'adressant aux militants, Olivier Kamitatu et Salomon Idi Kalonda reconnaissent que cette séquence a pu susciter des inquiétudes. « Nous mesurons ce que ces derniers jours ont coûté à nos militants, à ceux qui donnent leur temps et leur peine sans jamais rien demander. Ils méritaient mieux. C'est à eux et à notre Président que nous devions ce message » déclarent-ils.
Les deux responsables concluent leur communiqué sur une volonté affichée de resserrer les rangs autour du président du parti. « Ce qui nous unit demeure plus grand que ce qui a pu nous séparer. Nous reprenons la route ensemble, sous la conduite du Président Moïse Katumbi Chapwe, avec le même objectif : un Congo uni, fort, prospère et solidaire » écrivent-ils.
Cette situation intervient dans un contexte marqué par l'engagement ferme de Félix Tshisekedi en faveur de la convocation d'un dialogue national, intervient dans un contexte sociopolitique marqué par la recherche d’un consensus face à la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC, où Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23. Elle survient également dans un climat de fortes divergences autour du débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle. L’opposition accuse la majorité au pouvoir de vouloir changer la Constitution afin de permettre au président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de la limite de deux mandats prévue par la loi fondamentale. De son côté, le pouvoir rejette ces accusations.
Clément MUAMBA