Fonction publique : plus de 677 000 agents certifiés et plus de 180 000 nouvelles unités mécanisées après l’opération d’assainissement

Photo d'illustration
Bâtiment de la fonction publique

Le Vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public, Jean-Pierre Lihau, a présenté les avancées réalisées dans le cadre du processus d’assainissement et de modernisation de l’administration publique congolaise.

Invité au briefing presse tenu le lundi 18 mai 2026 aux côtés du ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le VPM Lihau a indiqué qu’à leur arrivée aux responsabilités, le gouvernement avait hérité d’un effectif déclaré d’environ 1,48 million de fonctionnaires relevant du régime général.

Selon le ministre de la Fonction publique, ces chiffres n’incluaient ni les magistrats, ni les militaires, ni les policiers, encore moins les enseignants relevant des régimes particuliers. Il a expliqué que l’opération d’assainissement a consisté à vérifier minutieusement les dossiers administratifs des agents publics, notamment les arrêtés d’admission sous statut, les commissions d’affectation, les diplômes ainsi que les autres documents requis.

« Après les listes déclaratives, nous avons procédé à la certification des données et à la vérification des dossiers, administration par administration. Ce processus nous a permis de passer de 1 425 080 agents déclarés à 677 630 agents certifiés réguliers, après l’identification biométrique menée sur l’ensemble du territoire national », a déclaré Jean-Pierre Lihau.

Le patron de la Fonction publique a rappelé que le pays a connu un important choc des effectifs à partir de 2018. Selon lui, plus d’un million de fonctionnaires ont été recrutés sans gestion prévisionnelle des effectifs ni programmation budgétaire.

« Les données seront consolidées grâce aux missions de rattrapage déployées sur le terrain afin de permettre aux agents non encore identifiés d’être pris en compte. Ce que ces chiffres montrent, en réalité, c’est que la Fonction publique reprend progressivement la main sur ses effectifs », a ajouté le VPM Lihau.

Faisant la distinction entre les fonctionnaires et les agents publics de l’État — catégorie englobant l’ensemble des travailleurs de l’État — Jean-Pierre Lihau a révélé que la République démocratique du Congo comptait plus de 2,5 millions d’agents publics actifs en 2025.

« Lorsqu’on parle de 2,5 millions d’agents publics, il s’agit de tout l’écosystème du secteur public : le régime général, les enseignants, les militaires, les policiers ainsi que les services de sécurité. Un enseignant, aujourd’hui, est considéré comme agent public, même s’il n’a pas encore le statut de fonctionnaire », a-t-il précisé.

D’après le rapport intitulé Fonction publique en chiffres – Édition 2025, présenté par Jean-Pierre Lihau, les effectifs actifs relevant du pouvoir central atteignent précisément 2,501 millions d’agents. Parmi eux, 1,867 million sont effectivement rémunérés, soit près de 75 % des effectifs globaux. En revanche, plus de 634 000 agents restent encore sans prise en charge salariale.

Le ministre a également indiqué que 185 200 nouvelles unités ont été stabilisées ou mécanisées depuis 2022.

« Nous avons mis fin à ce système qui consistait à affecter des personnes dans les administrations sans admission préalable sous statut. Ces nouvelles unités seront progressivement régularisées puis mécanisées conformément aux règles établies », a-t-il souligné.

Par ailleurs, Jean-Pierre Lihau a annoncé qu’il est désormais interdit à tous les services de l’État d’affecter des personnes non admises sous statut dans les administrations publiques. Selon lui, cette mesure vise à mettre définitivement fin au phénomène des « nouvelles unités ».

Le ministre a également assuré que les anciennes nouvelles unités accumulées depuis plusieurs années feront l’objet d’une régularisation méthodique et progressive.

« Nous n’accepterons plus aujourd’hui des affectations faites sans respect des règles prévues par la loi, notamment le principe de vacance préalable de poste avant tout recrutement. Le laisser-aller observé pendant plusieurs années a considérablement affaibli l’administration publique », a insisté le ministre.

Poursuivant son intervention, Jean-Pierre Lihau a rappelé que la volonté du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, est de doter la RDC d’une administration publique performante, fondée sur les résultats, le mérite et la compétence.

Selon lui, l’administration publique a longtemps souffert d’une forte politisation.

« Il y a eu une surpolitisation de notre administration publique, avec des recrutements souvent motivés par des considérations politiques. Cette situation a contribué à affaiblir plusieurs services de l’État », a regretté le VPM de la Fonction publique.

Le renforcement du service public figure parmi les six engagements pris par le Président Félix Tshisekedi à l’issue de sa réélection pour un second mandat. Le rapport Fonction publique en chiffres – Édition 2025 a été élaboré afin de rendre accessibles les principales données relatives à la Fonction publique, dans une logique de transparence, de redevabilité et de meilleure orientation des politiques publiques.

La Fonction publique y est définie comme l’ensemble des agents occupant un poste pourvu par l’État afin d’assurer les missions des services publics. Elle regroupe l’ensemble des agents publics de l’État au sens de la loi organique n°16/001 du 3 mai 2016 fixant l’organisation et le fonctionnement des services publics du pouvoir central, des provinces et des entités territoriales décentralisées.

Clément MUAMBA