Rutshuru : à Jomba, la fermeture des frontières fait chuter le prix du sorgho, les producteurs déplorent de lourdes pertes

Service infographie ACTUALITE.CD
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Le prix du sorgho connaît une baisse importante dans le groupement de Jomba (territoire de Rutshuru) au Nord-Kivu, fragilisant les revenus des agriculteurs locaux. Les producteurs attribuent cette chute à la paralysie du petit commerce transfrontalier avec l'Ouganda et le Rwanda, consécutive à la fermeture des frontières dans le contexte des mesures liées à la maladie à virus Ebola.

Actuellement, une mesure de sorgho d'environ un kilogramme et demi se vend entre 2 000 et 2 500 shillings ougandais, soit près de 1 500 FC. Il y a encore peu, cette même quantité se négociait à 3 000 shillings ougandais.

À Tshengerero, le cultivateur Vianney Rwakabuba Rumaka explique que, malgré une récolte abondante cette saison, les producteurs peinent à trouver des débouchés.

« La production du sorgho a été bonne cette saison, mais nous faisons face à une difficulté liée au prix. À cause de cette maladie à virus Ebola, les frontières ont été fermées. Les commerçants de l'Ouganda et du Rwanda ne traversent plus. Nous sommes perdants, car nous n'avons pas d'autre marché pour écouler notre production. Une mesure de sorgho se vendait à 3 000 shillings ougandais, mais aujourd'hui elle ne vaut plus que 2 000 ou 2 500 shillings. Nous ne savons plus comment écouler notre production ni ce que nous allons gagner.

Selon lui, cette baisse des prix réduit considérablement le pouvoir d'achat des ménages agricoles et compromet la rentabilité de leur activité.

« Auparavant, dix mesures de sorgho permettaient d'acheter une tôle. Aujourd'hui, ce n'est plus possible. Dix mesures vendues à 2 500 shillings chacune ne permettent d'obtenir que deux petits poissons. Échanger dix mesures de sorgho contre deux poissons, c'est vendre à perte », déplore-t-il.

Les producteurs de Jomba appellent les autorités compétentes à mettre en place des solutions permettant de relancer les échanges commerciaux ou de créer de nouveaux débouchés afin d'éviter que cette bonne saison agricole ne se transforme en lourde perte économique pour les ménages ruraux.