Lors du Space organisé mercredi par Stanis Bujakera Tshiamala pour décortiquer le sondage Ebuteli-GeoPoll, le chercheur Trésor Kibangula a été interrogé sur une limite méthodologique reconnue dans la note elle-même : l'impossibilité de déterminer avec certitude dans quelle mesure le nationalisme et la menace rwandaise continuent d'influencer l'opinion publique congolaise. Une question lui a été posée sans détour : les sondages se contentent-ils de mesurer des opinions sans en expliquer les causes réelles ?
Kibangula a assumé cette limite. Selon lui, les personnes sondées « ne sont pas censées » donner les raisons de leurs préférences : « lorsqu'on pose une question, par exemple à notre échantillon sur "avez-vous une opinion favorable du président de la République ?", la question s'arrête là », la personne répond oui, non, ou refuse de répondre, « et ces réponses-là n'ont pas d'explication ». Ces données, a-t-il précisé, viennent seulement « alimenter les débats publics ».
Le chercheur a confié avoir lui-même échangé avec plusieurs responsables de l'opposition après la publication du sondage : « beaucoup étaient aussi choqués de voir ces chiffres-là », a-t-il relevé. Mais il a insisté sur la nature de l'exercice : « c'est la température à ces moments-là, en avril 2026, de ce que pensent les Congolais. Ce n'est pas une élection, mais c'est une photographie de l'opinion publique », des données « toujours appelées à évoluer ».
Il a par ailleurs annoncé qu'Ebuteli prévoit de reconduire un nouveau sondage avant la fin de l'année, « pour essayer de voir comment l'opinion publique a pu évoluer » depuis « l'avènement de C64 », qu'il considère comme « un tournant dans les dynamiques politiques en cours ».
Sur le fond de la question posée, Kibangula a admis sans détour : « certains chiffres de sondages ne permettent pas de dire avec 100% de conviction que c'est à cause du Rwanda, c'est à cause du discours nationaliste que le président arrive à un tel pourcentage », une limite qu'il assume comme inhérente à l'exercice du sondage d'opinion.
Rappelons qu'au cours de ce spacce, M. Kibangula s'est longuement expliqué sur l'un des résultats les plus commentés de l'enquête : la coexistence d'un pessimisme majoritaire sur la trajectoire du pays (58%) avec une popularité présidentielle au sommet (86% d'opinions favorables pour Félix Tshisekedi).