WIM Haut-Katanga : de la revendication à l’action pour l’inclusion des femmes dans l’industrie extractive

Photo d'illustration
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À Lubumbashi, la première édition de Women in Mining Haut-Katanga a réuni autorités publiques, entreprises minières et acteurs de la société civile autour d’un même objectif : faire passer l’inclusion des femmes dans le secteur extractif du stade du plaidoyer à celui des actions concrètes. Entre engagements politiques, recommandations et mobilisation collective, ce forum a posé les bases d’un leadership féminin plus affirmé dans l’industrie minière congolaise.

« Cet événement, le premier de WIM, va permettre de mettre en place un plaidoyer, des recommandations pour les femmes et par les femmes, à travers également certains hommes. Merci pour la masculinité positive à ces hommes qui nous accompagnent », a annoncé Madame Wala Elo, Directrice du cabinet-conseil LGC SARL.
Le ton était donné dès l’ouverture de la première édition de Women in Mining Haut-Katanga, tenue ce mercredi 13 mai 2026 à l’hôtel Pullman Karavia de Lubumbashi, autour du thème : « Gouvernance transformationnelle et inclusion ». 

Dans une industrie extractive appelée à évoluer, les femmes ne veulent plus seulement revendiquer leur place : elles entendent agir, proposer, s’organiser et contribuer pleinement à la transformation du secteur.
WIM Haut-Katanga se positionne ainsi comme un réseau dédié à l’autonomisation, au leadership et à l’excellence des femmes dans l’industrie extractive en RDC. Partenaire et sponsor Gold de cette première édition, MMG Kinsevere, aux côtés notamment de la FEC et de Ruashi Mining, a contribué à la tenue de ce cadre d’échanges, réunissant le pouvoir législatif, l’exécutif provincial, les entreprises minières, les acteurs de l’industrie extractive ainsi que leurs partenaires.

WIM Haut-Katanga sensibilise, mobilise et encourage des actions concrètes pour promouvoir la présence des femmes dans toute la chaîne de valeur du secteur minier, depuis la formation technique jusqu’aux postes de responsabilité, en passant par l’entrepreneuriat, la gouvernance et la prise de décision.

L’Assemblée provinciale du Haut-Katanga s’inscrit également dans cette dynamique. À travers son rôle législatif, elle entend accompagner les initiatives visant à renforcer la protection des femmes et des enfants dans les zones minières. Madame Liliane Komba, Vice-présidente de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, a rappelé cette responsabilité institutionnelle.

« Je vous annonce que nous avons reçu de la société civile, par mes attributions de Vice-présidente qui gère les motions, les lois qui accompagnent les députés dans la rédaction des édits, un édit qui demande qu’on protège les femmes et les enfants dans les mines, et que nous fassions tout pour supprimer la présence des hommes en armes », a-t-elle indiqué.

La RDC dispose d’un arsenal juridique intéressant en faveur de la représentativité et de la protection des femmes. Toutefois, il est urgent de traduire ces textes en actions concrètes. Dans cette perspective, la responsabilité politique et administrative a l’obligation d’accompagner ce genre d’initiatives, a soutenu Patrick Kafwimbi, adjoint au maire de Lubumbashi.

« En tant que responsable politico-administratif, nous avons l’obligation de soutenir et d’accompagner ces initiatives qui vont aboutir, nous l’espérons, à impliquer les femmes dans les instances de prise de décisions tant politiques, administratives que privées, en rendant ces femmes ambitieuses ; ce qui, par ricochet, va augmenter les potentialités de développement basées sur les forces vives de la nation, et cela va contribuer à améliorer le bien-être dû à la satisfaction des besoins exprimés par toutes les couches de la population », a-t-il souligné.

L’exécutif provincial du Haut-Katanga, à travers le ministère provincial du Genre, Famille et Enfants, a également réaffirmé son engagement en faveur d’une inclusion plus structurée des femmes dans le secteur minier. Cet engagement repose sur plusieurs priorités, notamment la formation, l’accès à l’emploi, la lutte contre les discriminations et l’appui à l’entrepreneuriat féminin.

« Notre engagement politique s’articule autour de plusieurs priorités majeures : le renforcement de l’accès des filles et des femmes aux formations scientifiques, techniques et minières, la promotion de politiques et recrutements sensibles au genre, la lutte contre la discrimination professionnelle et les violences basées sur le genre dans le milieu de travail, l’accompagnement de l’entrepreneuriat féminin dans la chaîne de valeurs minières », a fait savoir Coco Kanku, Ministre provinciale du Genre, Famille et Enfants.

Pour la FEC Haut-Katanga, les compétences féminines existent déjà et doivent être davantage valorisées dans les entreprises. Joe Barry Kasanda estime qu’aucun obstacle professionnel ne devrait freiner l’ascension des femmes vers les postes de responsabilité.

« Les femmes se débrouillent mieux que les hommes. D’un point de vue professionnel, il n’y a aucun frein qui puisse empêcher les femmes d’atteindre des postes décisionnels », a-t-il affirmé.

Ce cadre d’échanges de haute facture a également permis aux institutions, entreprises et experts de croiser leurs perspectives pour repenser les équilibres du secteur extractif. Pour Dorothée Maselle, l’un des défis majeurs reste le dépassement des pesanteurs culturelles qui continuent de limiter la progression des femmes, malgré leurs compétences.

« En RDC, nous n’avons plus de raisons pour ne pas favoriser l’inclusion des femmes. Ce que je peux dire est que les compétences sont là ; ce sont les pesanteurs culturelles. Nous devons laisser tomber tous ces stigmates, la marginalisation des femmes. On doit laisser tomber pour qu’ensemble nous puissions bâtir un pays développé », a-t-elle martelé.

À travers cette première édition, Women in Mining Haut-Katanga pose les bases d’un espace de dialogue, de plaidoyer et d’action collective en faveur du leadership féminin. L’initiative marque une étape importante dans la volonté de faire évoluer les standards du secteur minier en RDC, en donnant aux femmes les moyens de s’affirmer, de contribuer davantage et d’accéder aux postes où se prennent les décisions.

José Mukendi