RDC: HRW signale la libération de 9 personnes sur les 17 jadis détenues par le CNC, Minaku et Shadary toujours au secret 

De Gauche à droite: Ramazani Shadary, Tshikez Diemu et Aubin Minaku
De Gauche à droite: Ramazani Shadary, Tshikez Diemu et Aubin Minaku

L’organisation internationale Human Rights Watch a publié un nouveau rapport dans lequel elle signale la libération de neuf (9) personnes sur les 17 qui avaient disparu puis avaient été retrouvées entre la disposition du Conseil national de cybersécurité (CNC). Parmi elles figurent des personnalités politiques et des militants des droits humains. 

Mais huit (8) d’entre elles restent encore en tôle, dont les opposants Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, qui sont respectivement vice-président et Secrétaire permanent du PPRD, parti politique de Joseph Kabila, dont les activités restent suspendues sur l’ensemble du territoire. 

« Sur ces 17 cas, 9 personnes ont été libérées et 8 restent en détention. Deux d’entre elles,  Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale  sous l’étiquette du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) sous la présidence de Joseph Kabila, et  Emmanuel Shadary, secrétaire permanent du PPRD, sont détenus par le CNC depuis respectivement le 18 janvier 2026 et le 16 décembre 2025. Six personnes ont été transférées du CNC mais demeurent en détention, dont cinq en attente de jugement pour outrage à l’État ou complicité avec le M23 », renseigne ce rapport  consulté par ACTUALITÉ.CD.

Dans son rapport du mois de mars dernier, l’ONG accusait le gouvernement congolais d’user du Conseil national de Cyberdéfense (CNC) pour procéder à des arrestations et à des détentions d’opposants politiques, à travers les forces de sécurité depuis mars 2025. Cet organe rattaché à la présidence de la République les a arrêtés et détenus de manière arbitraire, indiquait le rapport. 

Pour arriver à cette conclusion, Human Rights Watch disait avoir contacté 34 personnes, dont neuf anciens détenus au CNC et 11 proches de ces derniers. Les ex-détenus ont expliqué à HRW que des membres de la Garde républicaine et de la Police nationale en uniforme ainsi que des fonctionnaires en civil ont mené les arrestations, certaines au milieu de la nuit. Plusieurs d’entre eux ont indiqué avoir eu les yeux bandés lors de leur transport vers ou entre des centres de détention du CNC, sans qu’aucun mandat d’arrêt ne leur soit présenté.

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Samyr LUKOMBO