Le Fonds national d’entretien routier (FONER) a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de mobilisation des recettes. Du 4 au 9 mai 2026 à Kinshasa, une quarantaine d’agents de l’établissement public ont suivi une formation d’Officier de police judiciaire (OPJ) organisée en collaboration avec le Parquet de la République.

Cette initiative vise à renforcer les capacités du FONER dans la lutte contre l’évasion et la fraude liées à la redevance sur les produits pétroliers, principale source de financement destinée à l’entretien routier en République démocratique du Congo.
À l’issue de cette session de six jours, les agents formés seront habilités à constater certaines infractions et à engager des poursuites dans le cadre des textes régissant le FONER. Une cérémonie officielle de prestation de serment devant le Parquet de la République est annoncée dans les prochains jours.
Souvent perçu comme un organisme chargé de l’exécution des travaux routiers, le FONER rappelle toutefois que sa mission principale est avant tout financière. L’établissement a pour rôle de mobiliser les ressources nécessaires à l’entretien des routes et de financer les entreprises chargées des travaux. Les besoins annuels dans ce secteur sont estimés entre 570 et 950 millions de dollars.

Mais dans un contexte marqué par un faible civisme fiscal et un système déclaratif, la collecte des recettes demeure un défi majeur pour l’institution.
« Le FONER a entrepris une série de réformes et rencontre beaucoup de difficultés dans l’exécution de sa mission. Avec les réformes en cours, il fallait disposer d’un corps d’OPJ pour pouvoir constater les fautes », a déclaré le directeur général du FONER, Pierre Bundoki Ndongala. Il a ajouté que l’établissement entend poursuivre les réformes engagées afin d’assumer pleinement sa mission.
Durant la formation, les participants ont été outillés sur les procédures judiciaires, la constatation des infractions ainsi que les mécanismes de protection des redevances du FONER.
Pour le directeur des recettes du FONER, Rudy Jordache Kalala Bahongela, cette démarche répond à un besoin opérationnel.
« Le système congolais étant déclaratif, il revient à l’administration d’effectuer des contrôles sur place et sur pièces. Avec cette formation, nous constituons au niveau du FONER un corps d’OPJ à compétence restreinte », a-t-il expliqué.
La clôture des travaux est intervenue samedi 9 mai dans la salle Sankuru de l’hôtel Hilton à Kinshasa, en présence des responsables de l’établissement.
De son côté, le directeur juridique et des contentieux du FONER, Alphine Diyoka, a souligné que cette réforme découle du nouveau régime de poursuite des infractions dont bénéficie désormais l’établissement depuis le début de l’année 2026.
« Il était nécessaire de former certains agents afin qu’ils soient compétents pour poursuivre les infractions prévues par les lois et textes du FONER », a-t-il indiqué.
À travers la création de ce corps d’OPJ, la direction générale du FONER espère renforcer le contrôle des recettes et améliorer les capacités de l’établissement à financer durablement l’entretien des infrastructures routières du pays.