Le Président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), Denis Kadima Kazadi, a pris part, du lundi 4 au vendredi 8 mai 2026, à Rome, à une mission d’apprentissage entre pairs organisée par le European Centre for Electoral Support, dans le cadre des activités de l’Association des Autorités Électorales Africaines. Cette rencontre a réuni plusieurs responsables électoraux africains autour de thématiques stratégiques liées à l’avenir des processus électoraux, notamment le leadership électoral, la gouvernance de l’intelligence artificielle et la cyber-résilience des systèmes électoraux.
Organisée dans le cadre du projet « Pro-Electoral Integrity », cette initiative bénéficie de l’appui du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, en partenariat avec l’Union africaine, l’AAEA et la Imagine the Change Foundation. En clôture de cette mission d’apprentissage entre pairs organisée dans la capitale italienne, rapporte la cellule de communication de la CENI, le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante, Denis K. Kadima, est intervenu sur le thème stratégique : « Les enjeux des cybermenaces dans les processus électoraux », mettant en lumière les défis ainsi que les réponses apportées par la République démocratique du Congo en matière de cybersécurité électorale.
Prenant la parole devant ses homologues et partenaires internationaux réunis à Rome, le président de la CENI a rappelé la singularité du contexte congolais. À l'en croire, la République Démocratique du Congo organise des élections dans un environnement parmi les plus complexes au monde : plus de 100 millions d’habitants, un territoire de 2,3 millions de km², des infrastructures limitées et une forte dépendance aux technologies numériques.
Dans ce cadre, il a insisté sur la vision stratégique adoptée par la CENI : "Nous avons considéré la cybersécurité non pas comme un simple enjeu technique, mais comme une question de souveraineté, de stabilité institutionnelle et de crédibilité démocratique", a-t-il fait savoir lors de son intervention.
Par la même occasion, le Président Denis Kadima a détaillé les priorités ayant guidé les investissements de la CENI, notamment la protection des données électorales, l’intégrité des systèmes, la prévention des ingérences et la continuité des opérations électorales.
"Les commissions électorales sont aujourd’hui des cibles privilégiées des cyberattaques. Face à cette réalité, nous avons déployé une approche globale fondée sur la sécurisation des réseaux, des équipements, des applications, ainsi que sur la mise en place d’un centre de surveillance opérationnelle fonctionnant 24h/24", a-t-il fait remarquer dans son intervention.
Revenant sur les élections de 2023–2024, Denis Kadima Kazadi a révélé l’ampleur des menaces auxquelles la CENI a été confrontée : "Nous avons subi plus de 8 456 tentatives d’attaques, allant des attaques DDoS aux tentatives d’accès non autorisés. Mais aucune n’a compromis nos systèmes critiques ni les données électorales", a illustré Dénis Kadima Kazadi.
Le Président de la CENI a souligné la capacité de réponse des équipes techniques. Au-delà de l’aspect technique, le Président Denis Kadima Kazadi a partagé les principaux enseignements tirés de cette expérience :
"Toutes les adresses IP malveillantes ont été identifiées et bloquées. Nos dispositifs de défense ont été renforcés en temps réel, grâce à des mécanismes avancés d’analyse et de filtrage. La cybersécurité électorale repose d’abord sur une gouvernance forte et des mécanismes de redevabilité. Les menaces internes sont tout aussi critiques que les attaques externes, et la résilience exige une combinaison de technologies, de procédures et de formation", a indiqué Denis Kadima Kazadi.
Il a également insisté sur un point clé dans le contexte actuel. Le Président de la CENI a réaffirmé la capacité des institutions africaines à relever ces défis :
"La confiance du public dans les résultats électoraux dépend désormais autant de la robustesse des systèmes numériques que de la transparence du processus électoral. L’expérience de la CENI démontre qu’il est possible de sécuriser un processus électoral numérique à grande échelle, même dans un environnement contraint, à condition d’investir dans la gouvernance, les capacités humaines et la résilience opérationnelle", a soutenu Dénis Kadima Kazadi.
Cette intervention a permis de positionner la République démocratique du Congo comme un acteur engagé et résilient face aux défis émergents de la cybersécurité électorale. À travers cette participation, précise la cellule de communication de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), l’institution poursuit son engagement en faveur du renforcement des capacités institutionnelles ainsi que de l’anticipation des nouveaux défis technologiques et sécuritaires liés aux processus électoraux.
Clément MUAMBA