Haut-Katanga : l’IRDH interpelle Judith Suminwa à agir face à la spoliation de la concession de l’INERA à Kashimbala, à Lubumbashi

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Hubert Tshisuaka Masoka

L’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) a adressé, ce vendredi 8 mai 2026 à Lubumbashi, un mémorandum à la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa Tuluka. Le document porte sur la situation de la concession de l’INERA/Kipopo, dans le secteur de Kashimbala, que l’organisation considère comme victime de spoliation foncière.

« Il est impératif que Madame la Première ministre ordonne le déploiement immédiat d’une force d’identification et d’interpellation des officiers et magistrats qui agissent dans l’ombre, de connivence avec les spoliateurs », affirme l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) dans un mémorandum adressé, ce vendredi 8 mai 2026, à la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa Tuluka.

Dans ce document consacré à la concession de l’INERA/Kipopo située dans le secteur de Kashimbala, l’organisation dénonce ce qu’elle considère comme une vaste opération de spoliation foncière impliquant des acteurs civils, mais aussi certains membres des services de sécurité et de la magistrature.

L’IRDH rappelle qu’au cours de la 76ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres du 30 janvier 2026, présidée par le président Félix Tshisekedi, le Gouvernement avait classé le dossier de la concession de l’INERA parmi les situations d’« urgence nationale ». Une commission interministérielle de crise devait alors être mise en place sous la coordination de la Primature.

« Trois mois après cette décision, aucun effet concret n’est visible sur le terrain », regrette l’organisation, qui affirme que les travaux de lotissement et d’aménagement se poursuivent au sein de la concession ainsi que dans des espaces voisins revendiqués par des particuliers.

Selon le mémorandum, plusieurs correspondances adressées entre 2025 et 2026 aux autorités provinciales et au Conseil provincial de sécurité seraient restées sans suite. L’IRDH évoque notamment des opérations présumées de redimensionnement de parcelles et de création d’un nouveau quartier baptisé « Cité Ma Campagne ».

 « Les bornes cadastrales sont détruites, les écosystèmes dégradés et les lotissements s’effectuent en violation des règles urbanistiques et foncières », dénonce l’IRDH.

Le mémorandum s’appuie sur plusieurs dispositions du Code pénal congolais et de la loi foncière du 20 juillet 1973. L’organisation estime que certains faits dénoncés pourraient relever du faux en écriture, de la destruction de repères topographiques, de la dégradation de biens immobiliers ainsi que de la violation des règles relatives aux concessions foncières.

Face à ce qu’elle qualifie d’« accélération des chantiers illégaux », l’IRDH demande au Gouvernement central de sécuriser immédiatement la concession de l’INERA/Kipopo, d’identifier les éventuels complices et de « rétablir les propriétaires lésés dans leurs droits ».

José Mukendi