Kinshasa : une fresque murale à l’effigie de Fally Ipupa pour saluer ses 20 ans de carrière

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Une fresque en hommage aux 20 ans de Fally Ipupa

L’artiste chanteur congolais Fally Ipupa a, une fois de plus, porté haut les couleurs de la République démocratique du Congo, bien au-delà du Stade des Martyrs de Kinshasa et de sa commune natale de Bandalungwa. À 48 ans, l’icône de la rumba congolaise a livré deux concerts historiques les 2 et 3 mai 2026 au Stade de France, devant plus de 150 000 spectateurs en liesse. 

Porté par une scénographie ambitieuse et une énergie maîtrisée, Fally Ipupa a célébré avec éclat ses 20 ans de carrière solo. Entre afro-trap, RnB, rumba et hip-hop, l’artiste congolais a survolé le Stade de France tel un aigle en une immense scène afro-urbaine, confirmant un statut d’icône transcontinentale que peu d’artistes africains n’ont jamais atteint. Il devient ainsi le premier artiste d’Afrique francophone à se produire en solo dans l’enceinte mythique de Saint-Denis, une étape importante pour la musique africaine sur la scène mondiale.

Une fresque murale pour saluer le « XX » de Fally Ipupa

Pour saluer cette nouvelle performance XXL de Fally Ipupa et son immense carrière artistique, Tata Nizoo Kobo et Ben Matic, artistes grandeurs et tous deux membres du collectif Moyindo Tag, ont érigé une fresque murale à son effigie en direction Birmanie dans la commune de Bumbu. 

Réalisée sur un long mur extérieur marqué par le temps, l’œuvre associe portraits et graffiti dans un style urbain, très coloré et expressif.

On y le visage de l’artiste, représenté en tons bleutés. Couronne dorée sur la tête, lunettes rondes ; Fally Ipupa y apparaît avec une prestance presque royale. Son nom s’étale au centre du mur en lettres graffiti aux couleurs vives et aux formes stylisées. Une tête d’aigle, surgissant au-dessus de la composition, capte le regard avec ses yeux perçants, comme un symbole de puissance, de vigilance ou de domination.

« La carrière de Fally Ipupa est une véritable leçon de vie. Il n'a brûlé aucune étape chaque évolution s'est faite progressivement avec beaucoup de discipline, de détermination, d'ambition et de travail. Il a su repousser les limites et briser les barrières jusqu'à s'élever au plus haut niveau. Cet homme est un véritable symbole de réussite », confie Tata Nizoo. 

Par son énergie visuelle et sa symbolique, cette fresque célèbre l’une des figures majeures de la musique congolaise. Elle conjugue identité culturelle, esthétique urbaine et iconographie de puissance, dans une mise en scène fidèle à l’esprit du street art contemporain.

« Une vitrine pour la culture congolaise »

La nouvelle performance artistique de Fally Ipupa suscite une vague d’enthousiasme en République démocratique du Congo et bien au-delà de ses frontières. Pour nombre de personnes, elle s’apparente à une consécration pour la rumba congolaise et à une véritable vitrine du savoir-faire culturel du pays sur la scène internationale. Fierté nationale, légende vivante, icône majeure de la musique africaine : les qualificatifs peinent à cerner l’ampleur de l’artiste, fort de plusieurs dizaines de millions d’albums vendus. 

« Il n’y a plus de débat. Fally est aujourd’hui au sommet. Il le démontre encore une fois avec cette performance », estime Richard. 

Dans le même élan, Herman voit en lui un symbole rare. « Le Congo peut être fier de compter un artiste de cette envergure. Il est unique en son genre, et ce type de trajectoire ne se produit qu’exceptionnellement ». 

D’autres voix abondent dans ce sens, soulignant l’impact culturel de l’artiste. « À travers lui, c’est toute la richesse de notre musique qui voyage. Fally Ipupa ouvre des portes à une nouvelle génération d’artistes congolais », analyse Roland.

Pour Junior, jeune mélomane kinois, l’enjeu dépasse la musique : « Ce qu’il fait, c’est aussi une question d’image. Il montre au monde que le Congo peut produire de l’excellence et rivaliser avec les plus grandes scènes internationales ». 

Au-delà de la présence d’artistes internationaux invités pour l’occasion, la scène du Stade de France s’est transformée en véritable vitrine de la culture congolaise. Fiston Saï-Saï, Gaz Mawete, Sins Ipupa, Jossart Nyoka Longo, Lokua Kanza, ainsi que le capitaine des Léopards qualifiés au Mondial, Chancel Mbemba, s’y sont succédé. À cela s’ajoute la participation d’artistes issus de la diaspora, à l’instar de Keblack et SDM, entre autres.

James Mutuba