Initialement prévue le samedi 2 mai, la marche de soutien aux sanctions américaines et aux efforts de paix de l’administration de Donald Trump dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), organisée par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), a été reprogrammée au lundi 4 mai 2026 à Kinshasa.
Ce changement de date, motivé par des raisons administratives, a été annoncé vendredi 1er mai par Augustin Kabuya, secrétaire général du parti présidentiel, lors d’une rencontre avec les cadres et militants au siège de la formation politique.
Cette initiative intervient après les sanctions imposées par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), relevant du département du Trésor américain, contre l’ancien président congolais Joseph Kabila. Washington l’accuse de soutenir le Mouvement du 23 mars (M23) et l’Alliance du fleuve Congo (AFC), deux groupes rebelles actifs dans l’est du pays.
Selon les autorités américaines, le M23 a pris le contrôle de vastes zones dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment les villes de Goma et Bukavu, avec l’appui militaire, financier et logistique de l’armée rwandaise.
Justifiant le report de la marche, Augustin Kabuya a déclaré vouloir remettre le mémo directement aux autorités de l’ambassade des États-Unis.
« Nous avions prévu cette marche le samedi 2 mai, mais pour des raisons administratives, les ambassades ne fonctionnent pas ce jour-là. Nous refusons de déposer notre mémo auprès des services de sécurité. Nous voulons le remettre aux autorités de l’ambassade afin d’exprimer notre reconnaissance au président Donald Trump », a-t-il expliqué.
Il a ajouté que cette mobilisation vise à démontrer le soutien populaire à l’action américaine.
« Cette marche doit montrer à la face du monde que le peuple congolais est derrière l’administration américaine et le président Donald Trump. »
Le secrétaire général de l’UDPS a également détaillé l’itinéraire : le rassemblement est prévu à 8 heures sur le boulevard Triomphal, devant le Palais du peuple, avant une procession passant par le boulevard du 30 Juin jusqu’à l’ambassade des États-Unis. Les participants sont invités à s’habiller en blanc.
Augustin Kabuya a, par ailleurs, insisté sur l’ancrage du pouvoir en place à Kinshasa.
« Contrairement à d’autres pays où l’opposition contrôle souvent la capitale, ici, le pouvoir du président Félix Tshisekedi s’exerce pleinement, y compris à Kinshasa », a-t-il affirmé.
D’après les informations transmises à ACTUALITE.CD, l’OFAC précise que ces sanctions s’inscrivent dans le cadre du soutien au processus de paix en cours, notamment à travers l’accord de Washington entre Kinshasa et Kigali, sous l’égide de l’administration américaine. Cet accord vise également à promouvoir l’intégration économique régionale, à renforcer la transparence dans les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et à encourager les investissements.
Joseph Kabila a été sanctionné en vertu du décret exécutif 13413, tel que modifié par le décret 13671, pour avoir apporté un soutien matériel, financier ou logistique au M23 et à l’AFC. En conséquence, tous ses biens et intérêts situés aux États-Unis, ou contrôlés par des entités américaines, sont gelés.
L’OFAC précise également que toute entité détenue à hauteur de 50 % ou plus par une personne sanctionnée est elle-même considérée comme bloquée. Sauf autorisation spécifique, toute transaction impliquant ces avoirs est interdite pour les personnes ou entités américaines.
Ces sanctions interviennent plus d’un mois après celles visant les Forces de défense rwandaises (FDR) et plusieurs de leurs hauts responsables, accusés de soutenir activement le M23, un groupe armé sanctionné par les États-Unis et les Nations unies pour violations des droits humains.
Sur le plan interne, Joseph Kabila fait déjà l’objet de poursuites en RDC pour des accusations similaires. Il a été condamné à mort par la Haute Cour militaire, en son absence, une décision qui complique son retour à Kinshasa. Son camp rejette ces accusations, dénonçant un complot politique destiné à l’écarter de la scène nationale.
Clément Muamba