UDPS : le vice-président de la Ligue des jeunes estime que la hiérarchie du parti n’a pas de légitimité et l'accuse de «mauvaise foi» de retarder le congrès extraordinaire

Christian Lumu
Christian Lumu

Malgré l’implication personnelle de l’épouse d’Étienne Tshisekedi, du président de la République, Félix Tshisekedi, puis  la réconciliation du 30 septembre l’an dernier entre les camps Kabuya et Bizibu, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti au pouvoir, reste effritée. 

Christian Lumu, président de la Ligue des jeunes de l'UDPS et membre du Comité de suivi de la crise, a accordé une interview à ACTUALITÉ.CD, lundi, affirmant que si les contestations internes persistent c'est en raison du non respect de la parole donnée par de Félix Tshisekedi, qui avait enjoint  la hiérarchie du parti d’organiser le congrès devant définitivement taire les divergences après les élections de nouveaux dirigeants, dont un nouveau président, poste resté vacant depuis qu’il occupe la plus haute fonction du pays.

Il dénonce «la mauvaise foi» d’Augustin Kabuya et de son équipe de tenir cet rendez-vous, malgré le suivi du Comité mis en place pour la cause. 

« Nous n’avons pu organiser le Congrès voulu par le chef de l’État et par tout le monde. Cela a créé de contestation au niveau de l’interne, même si le Comité de suivi fait de son mieux pour que ces contestations ne soient pas menées sur la place publique,  au risque de vouer l’UDPS aux gémonies, mai les tensions ne sont pas à négliger», déclare Christian Lumu. 

Au fond de toutes ces secousses, le vice-président de la ligue des jeunes évoque une crise de «légitimité et de l’égalité» de la hiérarchie qui, selon lui, peine à structurer le parti. Il révèle à ACTUALITÉ.CD que la dernière réunion de l’exécutif de l'UDPS remonte au 19 novembre 2025, preuve éloquente et irréfutable de l'absence de légitimité de ceux qui véhiculent la formation politique de Félix Tshisekedi, explique-t-il. 

Nouvelle orientation sur la prise de parole, «un communiqué démocraticide contre la liberté d’expression… »

Christian Lumu est par ailleurs contre l’exigence d’un mandat avant tout passage des membres de l’UDPS aux médias. Le communiqué du Secrétariat général va, pour lui, aux antipodes des valeurs démocratiques que prône le parti du Sphinx de Limete. « C’est un communiqué démocraticide, alors que l’UDPS s’est battue pour la liberté d’information, d’expression et d’opinion. Un tel communiqué contredit les valeurs pour lesquelles nous nous sommes battus», estime Christian Lumu, qui dit avoir fait sa proposition pour la définition d’une ligne de communication politique devant guider toute prise de parole aux médias. 

Ce cadre de l’UDPS/Tshisekedi a chuté par son appel à l’ordre au sein du parti, lequel doit passer l’organisation inéluctable du Congrès, afin de permettre au parti de bien affronter «les multiples et décisifs enjeux» qui pointent à l’horizon, notamment les élections de 2028, reconnaissant l'existence d'un terrain politique marqué par «des concurrences qui sont tout à fait normales». 

Programmée du 10 au 14 décembre dernier, la tenue ratée du Congrès était perçue au sein du parti présidentiel comme un moment charnière, marqué par la volonté de restructurer les textes fondateurs, de renforcer les organes du parti, et de préparer les prochains défis politiques. 

Après une réunion prolongée autour de Félix Tshisekedi le 19 septembre dernier, Augustin Kabuya et Déo Bizibu Balola, respectivement Secrétaire général et Secrétaire général adjoint de l’UDPS, avaient décidé de mettre fin à une divergence interne qui avait duré plus d’un an autour du contrôle du parti fondé par Étienne Tshisekedi et ses compagnons. 

Le 30 septembre 2025, au siège de l’UDPS, situé dans la commune de Limete (Kinshasa), les deux responsables entourés de plusieurs cadres dont Jacquemain Shabani et Peter Kazadi, avaient en outre réaffirmé leur engagement à appliquer les orientations du président de la République, qui les avait invités à travailler ensemble et à tourner la page des querelles internes.

À en croire la déclaration finale lue par Christian Lumu devant la foule de militants réunis à ciel ouvert, Augustin Kabuya et Déo Bizibu avaient reçu la mission de restaurer l’unité et la fraternité entre tous les membres du parti, et de préparer le Congrès extraordinaire.

Samyr LUKOMBO