Se dirige-t-on vers l’institution d’un ordre dans le secteur des transports en commun, notamment des taxis-motos communément appelés « wewa » dans la ville de Kinshasa ? Les élus de la ville de Kinshasa, conscients de leur rôle et des responsabilités qui leur incombent en tant qu’institution majeure de la capitale et dans le cadre de la réglementation de la ville siège des institutions ont décidé de prendre les choses en main en adoptant la proposition d’édit portant sur la réglementation du transport par taxi-moto à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Il s’agit de l’initiative portée par le député provincial Nicolas Wemakoy, également président de la Commission Politique, Administrative et Juridique de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Selon celui qui fut premier suppléant d’Éliezer Ntambwe avant d’opter pour son mandat à l’Assemblée nationale, son initiative, qualifiée d’« impersonnelle », portant sur la réglementation du transport par taxi-moto dans la capitale congolaise, vise à promouvoir l’exercice de cette activité dans le respect du Code de la route.
Pour le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, après l’adoption du texte, celui-ci devra être transmis au gouverneur de la ville de Kinshasa pour promulgation, les élus de Kinshasa viennent ainsi de répondre à l’une des préoccupations majeures des Kinois et Kinoises. Selon Lévi Mbuta, la non-réglementation de ce secteur est à la base de plusieurs dégâts et dérapages dans la ville de Kinshasa.
"Comme nous le savons tous, les taxi motos communément appelés Wewa sont entrain d'aider des Kinois et Kinoises mais nous avons remarqué beaucoup d'abus et d'anomalies dans leur manière de fonctionner, c'est pourquoi les élus de la ville de Kinshasa via notre collègue Nicolas Wemakoy, nous venons d'adopter un texte pour la réglementation de ce secteur. Des nombreux Kinois meurent par des accidents des motos, certains sont fracturés et restent avec des défauts à cause du désordre qui règne dans ce secteur", a déclaré Levi Mbuta, président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa.
Au cours de son intervention, le président de l’organe délibérant est également revenu sur les innovations contenues dans la proposition d’édit de son collègue. La proposition d’édit, telle qu’adoptée, consacre des interdictions visant certaines catégories d’usagers, notamment les femmes enceintes proches de l’accouchement, les enfants de moins de 12 ans non accompagnés, les personnes en état d’ivresse, ainsi que les personnes âgées non accompagnées.
"Dans cette proposition d'edit, vous verrez des articles en lien avec le respect du code de la route, nos frères Wewa, nous aident et nous avons besoin d'eux mais ils doivent apprendre à respecter aussi le code de la route et ce texte fixe les règles sur qui peut conduire ou non la moto, il y a également des règles sur les personnes censées être conduites ou portées sur la moto et qu’on ne peut pas transporter sur la moto. À titre illustratif, une fille enceinte et proche d'accoucher, ce n'est pas une bonne chose qu'elle soit portée sur la moto, les enfants de moins de 12 ans seuls où les personnes âgées non accompagnées, il y a beaucoup d'innovations. Il est demandé aux Wewa d'avoir toujours leurs casques à la tête y compris les clients, l'excès de vitesse est prohibé et la conduite sous l’état d'ivresse pendant la conduite de la moto où en plein service et ils doivent être en ordre avec les différents documents pour mieux exercer leur travail à Kinshasa", a expliqué Levi Mbuta, président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa.
Par ailleurs, Lévi Mbuta a évoqué les interdictions prévues, en mettant un accent particulier sur les sanctions, notamment le paiement d’amendes en cas de non-respect des règles établies.
"Dans cette loi, il y a également une catégorie des gens qui ne peuvent pas exercer ce métier des chauffeurs taxis motos :les mineurs,ils ne peuvent pas exercer ce métier, nos frères comme des policiers et militaires, les fonctionnaires de l'État, il ne peuvent pas exercer ce métier, même les étrangers qui ont choisi de s'installer chez nous ici, ils doivent savoir qu'ils ne peuvent pas pratquer ce métier qui est une exclusivité des Kinois d'autant plus qu'il est considéré comme des petits commerces. Prendre le sens contraire, nos frères Wewa adorent le sens unique, avec cette loi si vous prenez le sens unique, sachez que c'est la loi qui va vous arrêter et on va vous exiger de payer des amendes pour ne plus reprendre ça", a prévenu le président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa.
L’adoption de cette proposition d’édit est perçue comme une avancée dans la réglementation de ce secteur, où les chauffeurs de taxi-moto se comportent souvent comme des hors-la-loi, ne respectant pas le Code de la route et appliquant leur propre tarification des courses, contrairement aux prix fixés par l’Hôtel de ville de Kinshasa.
Il ne s’agit pas de la première tentative des autorités de la ville de mettre de l’ordre dans ce secteur. Plusieurs initiatives menées par le passé n’ont pas été respectées par ces chauffeurs, notamment l’obligation du port du casque, l’interdiction d’accès au centre-ville, entre autres.
Cette étape devra nécessairement être précédée d’une vaste campagne de sensibilisation sur le bien-fondé de la démarche.
Clément MUAMBA