À Kapela, le calme semble avoir déserté les lieux, supplanté par les nuisances sonores provoquées par les bars, les mégaphones et diverses activités nocturnes. Entre musique diffusée à plein volume et agitation permanente, habitants et passants réclament des mesures urgentes pour retrouver leur tranquillité.
À Kinshasa, ce phénomène est particulièrement marqué en raison du dynamisme et de la forte densité de la ville. Terrasses, églises, concerts, les sources de bruit sont nombreuses. Mais c’est surtout la nuit que la situation devient difficile à supporter, lorsque l’ambiance dépasse les limites du raisonnable.
« En tant que père, je souhaite offrir à mes enfants un environnement propice au repos, à l’étude et à l’équilibre. Mais l’extérieur impose son rythme. Le bruit traverse les murs, perturbe le sommeil et finit par affecter toute la maison. Avec le temps, je constate une fatigue accumulée, de la nervosité et des difficultés de concentration chez les enfants. Même moi, je perds la tranquillité mentale nécessaire pour assumer mes responsabilités », explique Odon Lubienga, père de famille.
Et d’ajouter :
« Ce qui est paradoxal, c’est que ces lieux sont censés dynamiser la vie économique et sociale. Mais sans encadrement, ils dégradent la qualité de vie des habitants. La vraie question n’est pas de supprimer ces activités, mais de trouver un équilibre. Une ville ne doit pas seulement être vivante, elle doit aussi être vivable ».
Parmi les sources de nuisances, les vendeurs ambulants reconnaissent également leur part de responsabilité, tout en justifiant leurs pratiques.
« Nous utilisons des mégaphones pour transmettre rapidement des messages et promouvoir nos articles. Cela nous permet d’attirer la clientèle », affirme Denise Mpoyi, vendeuse de perruques.
Les passants, eux aussi, dénoncent cette pollution sonore omniprésente.
« Chaque jour après le travail, je suis censé passer par l’avenue Kapela. C’est le chemin le plus direct, mais j’en arrive à l’éviter. Au début, je pensais que cela faisait partie de l’ambiance de Kinshasa. Mais avec le temps, ce n’est plus supportable. Les terrasses débordent sur la rue, la musique est si forte qu’on ne s’entend plus, les commerçants crient pour attirer les clients. Tout se mélange dans un vacarme incessant », témoigne Jean Kamasaki.
De leur côté, les agents de l’ordre rappellent l’application de la réglementation en vigueur, notamment l’instruction du 7 mai 2025 de l’ancien ministre d’État à la Justice, Constant Mutamba, relative au décret n°14/012 du 8 mai 2014.
« Notre mission principale est de veiller au bien-être de tous, en particulier des habitants de la commune de Kalamu. Le problème central reste le respect entre voisins. Une musique trop forte, surtout tard le soir, empêche les riverains de se reposer. Cela affecte les enfants, les personnes âgées et ceux qui travaillent tôt le matin », explique le major Kamango Dady.
Et de préciser la procédure suivie en cas d’infraction :
« Nous nous rendons sur place pour constater les faits. Ensuite, nous échangeons avec le responsable afin de lui rappeler la loi et de lui demander de réduire ou d’arrêter la musique si l’heure est dépassée. En cas de non-respect, un procès-verbal est dressé et les équipements en infraction peuvent être saisis. Le dossier est ensuite transmis au parquet pour les suites judiciaires ».
Habitants et passants appellent ainsi à des mesures concrètes pour lutter contre la pollution sonore, préserver leur santé et améliorer leur cadre de vie, afin de faire de Kinshasa une ville à la fois dynamique et vivable.
Charmante Nzuzi, stagiaire UCC