Kinshasa : échanges autour du livre et de l’IA, avec la création du prix littéraire « Congo Meuse » pour rapprocher les cultures belges et congolaises

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Congo Meuse

À l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, ainsi que du lancement du prix littéraire « Congo Meuse », une conférence-débat s’est tenue ce jeudi 23 avril au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Elle avait pour thème : « Les livres pour bâtir des ponts et sauver des vies : l’écriture et l’édition à l’ère de l’intelligence artificielle ».

Dans son intervention, l’écrivaine belge Myriam Leroy a invité chacun non seulement à lire, mais aussi à écrire. Selon elle, de nombreuses œuvres ont édifié, captivé et inspiré parce que, quelque part dans le monde, une personne a décidé de mettre par écrit son vécu, ses connaissances ou a estimé que sa voix méritait d’être entendue.

Elle a également souligné que nul ne peut raconter une histoire aussi bien que son auteur. L’écriture, a-t-elle expliqué, permet de se définir.

« Rendre les coups ne veut pas dire se venger, même si l’on peut aussi se venger par la création artistique, mais rendre au monde la violence qu’il nous inflige », a-t-elle précisé. 

Avant d’ajouter :

« Que le monde en prenne conscience et ne puisse pas dire : “Je ne savais pas” ou “Je n’ai pas vu” ».

Intervenant à son tour, Bertin Makolo, professeur à l’Université de Kinshasa et éditeur congolais, a souligné que la célébration du livre est, en réalité, un hommage rendu à la protection de l’intelligence imprimée sur le papier.

Il a précisé que cette journée honore également toutes les personnes qui prennent des risques financiers pour permettre la réalisation des œuvres littéraires et leur mise à la disposition du grand public.

Le professeur des lettres a par ailleurs salué l’initiative du prix « Congo Meuse » qui, selon lui, rapproche deux fleuves et deux pays partageant une histoire commune, tout en renforçant les liens fondés sur les connaissances culturelles et l’amitié.

De son côté, l’autre écrivaine belge, Mélanie Godin, a abordé les défis auxquels font face les éditeurs avec l’émergence de l’intelligence artificielle. Éditrice, elle estime que cette technologie représente une opportunité plutôt qu’une menace, dans la mesure où elle facilite certaines tâches. Le véritable enjeu, a-t-elle souligné, réside dans la manière dont elle est utilisée.

Elle a comparé la perception actuelle de l’intelligence artificielle à celle d’Internet à ses débuts, autrefois mal perçu, mais aujourd’hui utilisé par la grande majorité de la population mondiale. Selon elle, l’intelligence artificielle ne remplacera jamais l’humain.

À l’issue des échanges, le lancement du « Prix Congo Meuse » a eu lieu. Les inscriptions, ouvertes à la fin de la conférence, se poursuivront jusqu’en septembre prochain. 

Kéren Kalukula, stagiaire UCC