Alors que les négociations sur l’exportation en RDC des Afghans qui ont combattu pour l’armée américaine pendant la guerre de l'Afghanistan (2001-2021) se poursuivent, des réactions vont dans tous les sens au pays, où l’opposition réagit contre.
Pour sa première prise de parole à ce sujet qui fait couler encre et salive, l’opposant Martin Fayulu note que l’arrivée de 15 premiers migrants a soulevé une vague de réactions négatives au sein de l’opinion publique. Il estime que ce serait un acte frisant le «sabotage» du pays, si le président Tshisekedi venait à accepter d’accueillir des Afghans, qui séjournent dans un camp à Doha, au Qatar.
«Après le tollé suscité par l’arrivée des 15 premiers migrants refoulés des États-Unis, si Monsieur Félix Tshisekedi a réellement accepté d’accueillir en RDC des migrants afghans, il faut le dire clairement : cela s’apparente à un acte de sabotage contre notre pays», écrit-il sur X ce jeudi 23 avril.
Plus de 1100 Afghans, dont des hommes, des femmes et des enfants, ont depuis Doha rejeté le plan de l’administration Trump de les transférer en RDC. Ils disent refuser de se mettre dans une situation de guerre de plus, non plus dans un pays où ils n’ont ni famille ni une langue. Ils appellent les USA à respecter la promesse faite pendant la guerre de l’Afghanistan, déclenchée par l’attentat du 11 septembre d'Al-Qaïda, qui était basé au pays sous la protection de Talibans.
Cette décision de Kinshasa de recevoir des migrants des pays tiers, que les USA a décidé d’expulser de son sol, fait suite à un accord que le gouvernement congolais a négocié avec Washington. Il s’agit d’un dispositif temporaire, financé par les États-Unis d’Amérique. Kinshasa est considéré comme une étape de transit, après laquelle ces migrants, couverts par un titre de court séjour en RDC, regagneront leurs pays respectifs. La Colombie, qui n’a pas digéré «l’ostracisme» dont sont victimes ses citoyens, a demandé le rapatriement immédiat des Colombiens arrivés dans la capitale congolaise, la semaine dernière.
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Samyr LUKOMBO