Le gouvernement provincial du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC, a alerté sur l’érection d’un camp militaire rwandais dans le village de Mumosho, qui est situé dans la chefferie de Kabare en territoire portant le même nom.
Selon le porte-parole du gouvernement Purusi, ces faits qu’il qualifie d’extrême gravité ont été rapportés par des populations locales.
« Le Gouvernement Provincial du Sud-Kivu porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale des faits d’une extrême gravité observée dans le village de Mumosho, situé en Chefferie de Kabare, Territoire de Kabare, actuellement sous occupation rébelle de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda. Selon des témoignages concordants des populations locales, des militaires rwandais récemment infiltrés sur le Territoire national sont en train d’ériger un camp militaire dans cette localité, en violation flagrante de la souveraineté de la République Démocratique du Congo », écrit le ministre Lunganywa Bashizi Didier.
Face à cette situation, l’administration de la province du Sud-Kivu est claire : «ces actes constituent une atteinte grave à l’intégrité territoriale de la RDC, une provocation manifeste à l’endroit de l’État congolais, et une violation des engagements internationaux ainsi que des processus en cours visant le retour de la paix dans l’Est du pays».
Par conséquent, le gouvernement de Jean-Jacques Purusi hausse le ton contre une nouvelle escalade dans la stratégie d’occupation progressive de certaines zones du territoire national, la militarisation illégale des zones habitées, mettant en danger les populations civiles ; ainsi que toute tentative de consolidation d’une présence étrangère sur le sol congolais.
Condamnant l’installation progressive d’une administration de fait appuyée par une force étrangère sur la province, le Sud-Kivu exige Notamment «l’arrêt immédiat des travaux de construction de ce camp militaire, et demande le retrait sans condition de toutes les forces étrangères présentes sur le territoire congolais tout en encourageant le gouvernement central à prendre des mesures urgentes et appropriées pour restaurer l’autorité de l’État dans cette partie du territoire.
« Le Gouvernement Provincial du Sud-Kivu reste engagé à documenter ces violations et à œuvrer, aux côtés du Président de la République, Félix Tshisekedi et des institutions nationales, pour la défense de l’intégrité territoriale, la protection des populations civiles et le rétablissement de la paix », conclut Lunganywa Bashizi Didier.
Le Sud-Kivu est une des provinces de la partie orientale du pays encore sous forte menace des rebelles de l’AFC/M23, qui se sont ralliés à d’autres groupes armés, dont le Twirwaneho, pour poursuivre la conquête des localités riches en minerais. Malgré le retrait d'Uvira en janvier, les rebelles restent présents dans plusieurs territoires, dont Mwenga, Kabare, Kalehe, Fizi, Walungu et Idwyi.
Samyr LUKOMBO