RDC : une étude de l’UNICEF révèle que 90 % des enfants sont privés de besoins fondamentaux

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Des enfants déplacés à Bagata et Kikongo

L’UNICEF, en collaboration avec le ministère du Plan, a présenté les résultats d’une étude sur la pauvreté monétaire et les privations multidimensionnelles des enfants (MODA 2025). Cette analyse vise à mieux comprendre la pauvreté infantile ainsi que les privations auxquelles les enfants sont confrontés, afin d’orienter des réponses adaptées à leurs besoins.

Présentée lors d’un atelier de validation technique réunissant experts et décideurs, l’étude révèle qu’en RDC, 74 % des enfants sont touchés par la pauvreté monétaire. Une situation qui les expose également à une pauvreté multidimensionnelle : près de 90 % d’entre eux sont privés d’accès à des services essentiels tels que l’éducation, l’alimentation, l’eau, l’assainissement, l’information, le logement et les soins de santé.

« La République démocratique du Congo demeure confrontée à une pauvreté persistante et multidimensionnelle. Les données récentes indiquent qu’en 2024, 73,5 % de la population vivait sous le seuil international de pauvreté fixé à 2,15 dollars par jour, tandis que 74,6 % des enfants subissaient des privations multiples. Ces réalités interpellent notre responsabilité collective et exigent des réponses politiques fondées sur des données scientifiques robustes et désagrégées », a déclaré Daniel Epembe, secrétaire général au Plan.

Dans la même optique, la représentante adjointe de l’UNICEF en RDC dresse un constat alarmant de la situation des enfants en proie à la pauvreté monétaire et multidimensionnelle. Elle appelle à renforcer les actions en soutien aux efforts du gouvernement dans la lutte contre la pauvreté infantile.

« Selon les données présentées, les privations commencent dès le plus jeune âge et persistent jusqu’à l’adolescence. La situation est particulièrement préoccupante en milieu rural et dans certaines provinces où le niveau de privations dépasse 90 %, confirmant le caractère structurel et profondément enraciné de la pauvreté infantile en RDC », a soutenu Mariame Sylla, représentante du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) en RDC.

Par ailleurs, elle a rappelé la nécessité de promouvoir l’enregistrement des naissances afin de garantir non seulement l’identification légale des enfants, mais aussi leur accès aux droits fondamentaux.

À l’issue de cet atelier, les participants ont recommandé la mise en œuvre d’un plan stratégique visant à accélérer l’atteinte des Objectifs de développement durable en RDC et à réduire le taux de pauvreté infantile.

Pour rappel, le nouveau seuil international de pauvreté, actualisé par la Banque mondiale, est fixé à 3 dollars internationaux (base 2021) par jour. Toute personne disposant de moins de ce montant est considérée comme vivant dans l’extrême pauvreté.

Grâce Guka