RDC: « l’ARSP n’est pas une instance de contrainte, mais un instrument de justice économique » (Ted Beleshayi)

Remise et reprise entre Miguel Kashal Katemb et Ted Baleshayi à l'ARSP
Remise et reprise entre Miguel Kashal Katemb et Ted Baleshayi à l'ARSP

Nommé la semaine dernière à la tête de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Ted Beleshayi a officiellement pris ses fonctions le 11 juin à Kinshasa. Lors de la cérémonie de remise et reprise avec son prédécesseur, Miguel Kashal Katemb, le nouveau directeur général a esquissé les contours de son action : promouvoir le contenu local, renforcer l’accès des entreprises congolaises aux marchés et faire émerger une classe moyenne entrepreneuriale nationale.

« Je reçois cette responsabilité non comme un privilège, mais comme une mission », a-t-il déclaré, promettant de faire de la sous-traitance un instrument au service de la souveraineté économique du pays.

Le nouveau patron de l’ARSP entend également modifier la perception de l’institution auprès des opérateurs économiques. « L’ARSP n’est pas une instance de contrainte. Elle est un instrument de justice économique », a-t-il affirmé, estimant que son rôle consiste avant tout à garantir aux entreprises congolaises un accès plus équitable aux opportunités générées par les grands projets et les investissements privés.

Pour cet économiste formé à l’Université de Kisangani, la régulation du secteur ne doit pas être perçue comme "un frein aux investissements étrangers. Elle doit plutôt permettre de rééquilibrer les rapports entre les grandes entreprises et les PME locales, grâce à des règles claires, transparentes et prévisibles ". L’objectif affiché est de favoriser la création de valeur sur le territoire national et de stimuler l’emploi à travers un tissu entrepreneurial plus robuste.

Son prédécesseur, Miguel Kashal Katemb a, pour sa part, dressé le bilan d’un mandat marqué par plusieurs résistances. Il a rappelé les difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre de la loi sur la sous-traitance, notamment la méconnaissance des textes, les réticences de certains acteurs économiques et les pratiques opaques dans l’attribution des marchés. Selon lui, les réformes engagées ont néanmoins permis d’accroître progressivement la participation des entreprises congolaises dans ce segment stratégique de l’économie.

La passation de pouvoir s’est déroulée sous le signe de la continuité institutionnelle. Miguel Kashal Katemb a salué la nomination de son successeur et assuré de sa disponibilité pour accompagner la transition. Présent à la cérémonie, Tony Djunda, vice-président de la Force grise, plateforme regroupant de jeunes professionnels de l’UDPS, a décrit Ted Beleshayi comme une « compétence » appelée à poursuivre l’effort de promotion de l’entrepreneuriat national.

Âgé d’une trentaine d’années, Ted Beleshayi arrive à l’ARSP avec un profil mêlant expertise technique et engagement public. Spécialiste des finances publiques, il a fait ses armes au sein du cabinet d’audit KPMG, où il a participé à plusieurs missions en RDC et à l’étranger avant d’accéder au rang de senior auditeur. Cette expérience lui a permis d’acquérir une solide réputation dans les domaines de l’audit, du contrôle de gestion et de la gouvernance financière.

Originaire de Kinshasa, il s’est également fait connaître ces dernières années par ses prises de position sur les questions de gouvernance économique et de gestion publique. Candidat aux dernières élections législatives dans la circonscription de la Tshangu, il n’avait pas réussi à décrocher un siège, mais avait consolidé sa visibilité sur la scène politique locale.

César Olombo