La députée nationale Cathy Sakombi Moleka s’est exprimée sur l’affaire du docteur David Balanganayi, récemment condamné à deux mois de servitude pénale assortis d’un sursis d'une année dans l’affaire de maltraitance sur une patience lors de l’accouchement. Dans une déclaration, l’élue de Budjala dans la province du Sud-Ubangi a rappelé que ce dossier ne saurait être minimisé ni réduit à un simple fait divers médiatique.
« En ma qualité de Députée nationale, mais aussi en tant que femme et mère, je ne peux rester silencieuse devant une affaire qui a profondément choqué tant notre peuple que l’opinion publique au-delà de nos frontières, parce qu’elle touche à la dignité de la femme congolaise, à la protection de la mère et au respect dû à la vie humaine », a-t-elle affirmé.
Cathy Sakombi Moleka insiste sur le fait que la Constitution congolaise impose à l’État de protéger les femmes contre toute forme de violence. « Notre Constitution est claire. Ses articles 14, 15 et 16 imposent à l’État de combattre les violences faites à la femme, de protéger son intégrité et de garantir le respect de la personne humaine. Cette affaire ne peut donc être banalisée, encore moins transformée en simple épisode médiatique », a-t-elle martelé.
Pour la députée, il est impératif que la justice se montre à la hauteur de ses responsabilités. Elle rejette toute tentative de justification qui ne repose pas sur un danger réel et immédiat.
« Comme femme, comme mère et comme élue de la Nation, je refuse que la souffrance d’une Congolaise violentée soit transformée en spectacle. La dignité des femmes, le respect des mères congolaises, la sérénité de la justice et l’honneur des institutions exigent une seule chose : la vérité. Et cette vérité recommande, mieux exige que l’état de nécessité évoqué par les juges ne soit appliqué que dans la stricte condition d’un danger réel, actuel ou imminent, et non hypothétique, comme ce fut le cas dans l’affaire Dr David Balanganayi », a-t-elle ajouté.
Mise en demeure contre les allégations de David Balanganayi visant la présidence
Cathy Sakombi Moleka a, par ailleurs, exigé que toute la lumière soit faite sur les déclarations du Dr David Balanganayi, qui a affirmé dans une vidéo après sa libération avoir reçu, durant sa détention, un message émanant du « sommet de l'État » lui demandant de se calmer et le rassurant sur son sort.
Dans sa déclaration, l'élue interpelle directement le médecin condamné : soit il est en mesure d'établir ses affirmations, auquel cas des clarifications institutionnelles s'imposent au regard des articles 149, 150 et 151 de la Constitution garantissant l'indépendance du pouvoir judiciaire, soit il ne peut les prouver, et devra alors assumer la responsabilité d'avoir mêlé le nom du chef de l'État à une affaire judiciaire sensible. La députée n'exclut pas que de telles déclarations puissent être appréciées pénalement au regard des dispositions relatives aux fausses nouvelles ou à l'offense envers la personne du Chef de l'État.
La députée prend soin de rappeler que le président Félix Tshisekedi est « champion de la Masculinité Positive » de l'Union africaine et défenseur affiché de l'indépendance judiciaire, soulignant que son nom « ne peut être utilisé à la légère dans une séquence de confusion ou de diversion ».
Le Docteur David Balanganayi a été condamné à deux mois de servitude pénale assortis d’un sursis d'une année par le tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole, dans son jugement rendu le vendredi 3 avril 2026. Ce sursis lui avait évité d’aller en prison.