Après deux jours d’intenses travaux, du lundi 30 au mardi 31 mars 2026 à Kinshasa, l’atelier de haut niveau sur la transparence et la diplomatie minière s’est clôturé. Il a permis de renforcer la compréhension des enjeux stratégiques du secteur, de prioriser les axes d’intervention et de favoriser une convergence de vues entre les acteurs clés. Une conviction majeure s’est dégagée parmi les participants : une diplomatie minière efficace repose avant tout sur une gouvernance forte, cohérente et visionnaire.
Ce workshop, qui a réuni autour d’une même table des institutions gouvernementales clés, des services techniques et structures spécialisées, des partenaires techniques et financiers, des représentations diplomatiques accréditées en RDC, des experts du secteur minier ainsi que des organisations de la société civile à profil stratégique, a permis de produire des recommandations concrètes et de renforcer les synergies interinstitutionnelles, en vue de consolider la gouvernance minière et le positionnement stratégique de la RDC.
Dans un contexte mondial marqué par les enjeux climatiques et énergétiques, les participants ont rappelé l’importance de renforcer les négociations stratégiques, notamment en matière de climat et d’environnement. À ce titre, la diplomatie joue un rôle central : celui de médiateur, de facilitateur et de défenseur des intérêts nationaux, dans un esprit d’équilibre et de responsabilité globale.
Par ailleurs, une autre orientation majeure s’est imposée à l’issue des travaux : la nécessité pour la RDC de rechercher et de consolider des partenariats stratégiques pour développer des industries locales. Selon les participants, il ne s’agit plus seulement d’extraire, mais de transformer, de créer de la valeur ajoutée, de générer des emplois et de bâtir une économie résiliente et compétitive.
Pour les participants à ces assises, la valorisation du capital naturel de la RDC ne peut se faire sans une approche stratégique et responsable. Le pays, riche de ses ressources, doit s’affirmer non seulement comme fournisseur de matières premières, mais comme un acteur influent capable de transformer ses richesses en leviers de développement durable.
"Nous voici arrivés au point de convergence de nos analyses. Durant ces deux jours, vous avez scruté les défis de la transparence, disséqué les enjeux de la diplomatie climatique et posé les jalons d’une coordination interinstitutionnelle renforcée. Les recommandations que vous venez de valider qu’il s’agisse de la traçabilité des revenus miniers, de la transparence des permis ou de l'intégration de la RDC dans les chaînes de valeur mondiales ne sont pas de simples vœux pieux. Elles constituent désormais le socle d'une diplomatie minière proactive, capable de défendre notre souveraineté tout en attirant des investissements responsables", a déclaré Nzengu Mishinga Jules, directeur et chef de service aux Affaires étrangères, représentant du secrétaire général au ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de la diaspora
Au nom du gouvernement de la République démocratique du Congo, il a salué la tenue de cet atelier organisé à l’initiative de l’Association Bon Regard (BREG), avec l’appui technique et financier de l’ONG internationale NRGI, qu’il considère comme une initiative citoyenne et courageuse. Selon lui, ce partenariat entre l’État, la société civile et les partenaires techniques constitue un modèle à pérenniser pour une gouvernance minière exemplaire.
"Le plus dur commence maintenant : la mise en œuvre. La diplomatie minière n'est pas un exercice de salon, c'est un combat quotidien pour le développement durable de la République Démocratique du Congo et le bien-être de son peuple" a souligné le représentant du Secrétaire Général aux Affaires Étrangères
Pour le président de l’Association Bon Regard, Tshikos Wembi Thomas, au-delà des idées, la responsabilité collective est désormais claire : transformer ces réflexions en actions concrètes. En tant qu’organisation de la société civile, il s’est engagé à porter ces recommandations auprès des instances décisionnelles.
"L'Association Bon Regard s'engage, avec ses partenaires, à porter les conclusions de cet atelier vers les instances concernées et à contribuer à l'élaboration d'une feuille de route opérationnelle, réaliste et ambitieuse. Je voudrais, pour conclure, lancer un appel:Continuons à travailler ensemble, dans un esprit de collaboration, de transparence et d'engagement, afin de faire de la diplomatie minière un véritable instrument de souveraineté et de développement pour notre pays", a-t-il rassuré dans son discours de clôture
D’après les organisateurs, l’organisation de ces assises se justifie par l’abondance et la diversité des ressources minières de la République démocratique du Congo, notamment les minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale, qui confèrent au pays une position stratégique dans l’économie mondiale. Cependant, ce potentiel demeure confronté à des défis structurels liés à la gouvernance, à la transparence, à la valorisation stratégique des ressources ainsi qu’au positionnement diplomatique du pays dans les chaînes de valeur mondiales.
Dans un contexte international marqué par une compétition accrue pour l’accès aux ressources critiques, le renforcement d’une diplomatie minière cohérente, proactive et alignée sur les intérêts nationaux constitue un levier majeur de souveraineté économique et de développement durable. Les exigences croissantes en matière de transparence, de redevabilité et de lutte contre les flux illicites imposent une mobilisation coordonnée des acteurs institutionnels, techniques et stratégiques.
Clément MUAMBA