Dans une tribune rendue publique ce lundi, Tshiswaka Masoka Hubert, défenseur des droits humains et coordonateur de l'Institut de recherche en droits humains (IRDH), dresse un tableau critique de la situation dans la province du Haut-Katanga. À travers une analyse articulée autour de plusieurs dossiers, l’auteur estime que l’inaction ou le silence des autorités constitue un facteur aggravant des violations des droits fondamentaux.
Un rappel des obligations constitutionnelles de l’État
Dans son texte, l’auteur rappelle que la Constitution de la République démocratique du Congo consacre des principes essentiels tels que la dignité humaine, la protection de la propriété privée et la responsabilité environnementale. Dans ce cadre, l’État est tenu d’agir activement pour garantir ces droits. Cependant, selon cette réflexion, certains dysfonctionnements institutionnels observés dans le Haut-Katanga traduisent un décalage entre ces principes et leur application sur le terrain. L’auteur évoque notamment des blocages liés au fonctionnement de l’exécutif provincial, qui freineraient l’action publique.
Quatre situations jugées préoccupantes
La tribune met en lumière quatre dossiers que l’auteur considère comme emblématiques. Le premier concerne la situation des déplacés de guerre en provenance de l’est du pays. Selon le texte, plusieurs centaines de personnes auraient été laissées sans assistance adéquate à Lubumbashi, malgré des démarches répétées auprès des autorités.
Le deuxième dossier porte sur des allégations de spoliation de terrains, notamment ceux de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA) à Kipushi, ainsi que des concessions privées environnantes. L’auteur évoque une absence de mesures concrètes pour faire respecter des décisions administratives déjà prises.
Le troisième point soulevé concerne une pollution industrielle attribuée à une entreprise minière opérant dans la région. La réponse institutionnelle est jugée insuffisante au regard des impacts environnementaux et sanitaires décrits.
Enfin, la situation de la route Kipopo–Poleni est présentée comme un exemple de projet d’infrastructure à l’arrêt, sur fond d’allégations de mauvaise gestion de fonds publics. Les communautés locales dénonceraient, selon l’auteur, un manque de transparence et de suivi.
Des recommandations adressées aux autorités
Face à ces constats, la tribune formule plusieurs recommandations à l’attention des autorités provinciales et nationales. Celles-ci portent notamment sur la prise en charge humanitaire des déplacés, la protection des sites publics et privés, le respect des normes environnementales et la transparence dans la gestion des projets d’infrastructures.
L’auteur appelle également à des enquêtes et à un renforcement des mécanismes de contrôle afin de restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens.
Une contribution au débat public
Présentée comme une “opinion libre”, cette tribune s’inscrit dans le débat sur la gouvernance et la protection des droits humains en République démocratique du Congo. Elle met en avant la nécessité, pour les institutions, de répondre efficacement aux attentes des populations, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, sociaux et économiques persistants.