RDC : la commission d’enquête parlementaire demandée par André Mushongo sur la gestion des frais dans les universités et établissements publics franchit l’étape du Bureau d’études*

Photo d'illustration
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La question de la gestion des frais académiques et connexes dans les universités et établissements publics d’enseignement supérieur refait surface en République démocratique du Congo. 

Le député national André Mushongo, élu de Tshikapa Ville dans la province du Kasaï, a introduit une demande de mise en place d’une commission d’enquête parlementaire visant à auditer la gestion des fonds perçus auprès des étudiants.

À l’origine de cette initiative, des dysfonctionnements constatés dans plusieurs institutions publiques. 

« Après vérification, nous avons constaté le non-versement des quotités du minerval par les chefs d’établissements publics de l’ESURSI, ainsi que la non-affectation orthodoxe des fonds destinés à l’amélioration des conditions d’apprentissage des étudiants », a affirmé le député, également professeur d’université.

Selon lui, ces pratiques font suite à de nombreuses alertes reçues au sein du secteur. 

« Nous avons reçu plusieurs plaintes émanant des structures et services étatiques […] relatives à la gestion des quotités du minerval et des frais connexes », a-t-il précisé.

Face à ces irrégularités jugées graves, André Mushongo appelle à une enquête approfondie couvrant les trois dernières années académiques. 

« Nous sollicitons la mise en place d’une commission d’enquête […] pour faire la lumière sur l’utilisation des frais de minerval et des frais connexes pour les années 2022-2023, 2023-2024 et 2024-2025 », a-t-il déclaré.

Le champ d’investigation envisagé est large. Il inclut notamment la gestion des quotités destinées à plusieurs structures publiques, dont le FPEF et la DGRAD, mais aussi des frais spécifiques tels que la carte nationale de l’étudiant, l’effort de construction, la solution numérique ESURSI, la connectivité à la bibliothèque numérique nationale, ou encore les dépenses liées aux laboratoires et aux infrastructures académiques.

L’élu de Tshikapa insiste sur l’objectif de sa démarche: restaurer la rigueur dans la gestion du secteur. 

« Il s’agit de réinstaurer le respect des textes légaux et réglementaires […] et de garantir la bonne gouvernance administrative, académique et financière », a-t-il expliqué.

Au-delà des considérations institutionnelles, le député met en avant les difficultés concrètes rencontrées par les étudiants. Il dénonce notamment les retards dans la délivrance des diplômes. 

« Les étudiants ont payé les frais de diplôme, mais ils terminent l’université et on leur donne un papier. Ils attendent éternellement le diplôme qui n’arrive pas », a-t-il regretté.

Il s’interroge également sur la persistance de certains frais qu’il juge injustifiés. 

« Dans certaines universités, l’État congolais a construit les bâtiments. Pourquoi continue-t-on à faire payer l’effort de construction ? », a-t-il lancé, citant notamment l’Université officielle de Mbuji-Mayi, l’Université de Kananga et l’Université pédagogique nationale.

Autre point soulevé : la facturation des services numériques. 

« À travers la RAM, le ministère des PTNTIC a installé le wifi gratuit dans les sites universitaires. Pourquoi continue-t-on à faire payer les frais d’internet aux étudiants ? », s’est-il interrogé.

Sur le plan procédural, André Mushongo indique que sa démarche a déjà franchi une première étape. « Notre initiative a reçu l’avis favorable du bureau d’études de notre chambre. J’attends maintenant que le Bureau la soumette à discussion », a-t-il conclu.

Cette avancée institutionnelle constitue une étape clé dans le processus de contrôle parlementaire, préalable à l’examen et à l’adoption formelle de la résolution portant création de ladite commission d’enquête conformément à l’article 212 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Cette initiative parlementaire pourrait relancer le débat sur la transparence et la gouvernance dans les universités et établissements publics d’enseignement supérieur en République démocratique du Congo, alors que les attentes des étudiants en matière de conditions d’études et de gestion financière restent élevées.