Révision de la Constitution : Idrissa Afani Mangala dénonce l’approche de Bahati Lukwebo, qu’il juge “toxique”

Afani Idrissa Mangala
Afani Idrissa Mangala

La position de Modeste Bahati Lukwebo, président du parti politique AFDC-A et deuxième vice-président du Sénat, concernant la révision de la constitution ne fait pas consensus au sein de l’Union sacrée de la nation. « … Je suis républicain, je sais que le Président a un mandat jusqu'en 2028, ensuite nous allons l'examiner, mais pour le moment, le président lui-même reste républicain, il respecte la constitution, c'est la base légale de toute action en RDC », a notamment déclaré Bahati Lukwebo lors d’un échange, mercredi 4 mars, avec la presse.

Alors que Bahati Lukwebo considère que le débat autour d’un éventuel changement ou modification de la Constitution est un faux débat, le président du groupe parlementaire de l’UDPS au Sénat, Idrissa Afani Mnagala, monte au créneau pour dénoncer cette prise de position, qu’il qualifie « d’approche toxique ».

« Nous condamnons avec fermeté la prise de position du 2e vice-président du Bureau de notre chambre, qui expose la haute autorité politique de l'Union sacrée de la nation et surtout pendant cette période de la guerre d'occupation d'une grande partie du territoire de l'Est de notre pays par le voisin Rwandais et mettant ainsi en cause la souveraineté nationale », a-t-il déclaré à ACTUALITE.CD.

Fin 2024, Félix Tshisekedi avait multiplié les déclarations au sujet de la Constitution de la RDC, souvent loin de Kinshasa. Fin octobre, à Kisangani, il a évoqué une possible réforme. Mi-novembre, à Lubumbashi, il avait précisé que « la réforme envisagée ne concernait pas un troisième mandat », mais visait à renforcer la protection du pays, qu’il estime insuffisante dans la Constitution actuelle. Enfin, fin novembre, à Kalemie (Tanganyika), il avait évoqué la possibilité d’un référendum, affirmant que « le dernier mot reviendra au peuple ».

Ainsi, pour l’ancien gouverneur de la province du Maniema, la sortie médiatique de Bahati Lukwebo interroge sur la sincérité politique de certains partenaires [de l’USN, ndlr] « face aux enjeux politiques du moment et à la démarche diplomatique menée ce dernier temps par Félix Tshisekedi pour permettre au pays de recouvrer définitivement la paix et son unité ».

« Nous nous réservons le droit de prendre toutes les mesures politiques qui s'imposent pour protéger la dignité et l'honneur de la haute autorité politique de l'Union sacrée de la nation et redorer l'image ternie de cette dernière », a conclu Idrissa Afani Mangala.  

Bahati Lukwebo, membre de l’Union sacrée, était devant la presse, mercredi 4 mars à Kinshasa. Il a évoqué plusieurs questions d’actualité dont le débat de l’heure autour du changement ou modification de la Constitution. 

Japhet Toko