Frappes aériennes au Nord-Kivu, reprise de villages stratégiques par l’AFC/M23, découverte de fosses communes à Uvira et signature d’un accord sanitaire majeur avec les États-Unis : l’actualité de ce vendredi en République démocratique du Congo.
À Nyabiondo, une frappe de drone blesse trois civils
Jeudi 26 février, aux environs de 18 heures, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont mené une nouvelle frappe aérienne contre une position des rebelles de l’AFC/M23 dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Selon des sources locales concordantes, un drone a largué des bombes sur une position occupée par les rebelles dans le quartier Isiro, à Nyabiondo. La détonation, entendue dans plusieurs quartiers environnants, a provoqué des éclats qui ont atteint trois habitants vivant à proximité immédiate du site visé.
Les victimes, toutes issues du même quartier, ont été grièvement blessées et évacuées d’urgence vers une structure sanitaire. Aucun bilan officiel n’a été communiqué concernant d’éventuelles pertes dans le camp rebelle. L’accès au camp visé reste strictement interdit, rendant toute vérification indépendante impossible.
Des témoins rapportent qu’immédiatement après l’explosion, la population s’est réfugiée à l’intérieur des habitations, par crainte d’éventuelles ripostes ou de nouvelles frappes. Nyabiondo demeure l’un des points névralgiques d’affrontements répétés entre les FARDC et l’AFC/M23.
Revers pour les wazalendo dans la chefferie des Bahunde
Dans la soirée du 26 février, les villages de Chugi, Katobo et Kaniro, situés dans la chefferie des Bahunde (territoire de Masisi), sont repassés sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23 après de violents affrontements avec les wazalendo.
Ces localités sont considérées comme des positions stratégiques verrouillant l’accès à la cité minière de Rubaya. Elles avaient été conquises par les wazalendo lundi précédent. Après quatre jours d’occupation, ces derniers ont été contraints de se replier face à une offensive appuyée par d’importants renforts de l’AFC/M23, selon plusieurs sources administratives et sécuritaires locales.
Aucun bilan officiel n’a été communiqué. Des habitants évoquent des échanges de tirs nourris et des bombardements ayant semé la panique. Cette évolution fait craindre une nouvelle escalade dans une zone déjà marquée par des déplacements répétés de populations. Si les combats se poursuivent ou s’étendent, une nouvelle vague de déplacements pourrait être enregistrée, notamment vers Rubaya ou Nyabiondo.
À Uvira, la découverte de deux fosses communes
Au Sud-Kivu, deux fosses communes contenant au moins 172 corps ont été découvertes à Uvira après le retrait du groupe rebelle AFC/M23, selon Jean-Jacques Purusi, gouverneur du Sud-Kivu nommé par Kinshasa.
Les fosses auraient été retrouvées dans les quartiers de Kilomoni et Kavimvira. L’une contiendrait 31 corps, l’autre 141, a-t-il déclaré mardi, dans des propos enregistrés et diffusés jeudi.
Le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a déclaré à Reuters ne pas avoir eu connaissance de fosses communes durant la présence du groupe à Uvira et a accusé le gouvernement de propager des informations visant à nuire à sa réputation. Reuters précise ne pas avoir pu vérifier indépendamment les circonstances des décès.
En décembre, Human Rights Watch avait rapporté des exécutions sommaires attribuées à des combattants du M23 à Uvira, citant des habitants et une source onusienne. L’organisation avait également indiqué que l’armée congolaise et des milices alliées avaient commis des abus avant la prise de la ville par les rebelles et lors de leur retrait.
Les combats se poursuivent sur plusieurs fronts dans l’est du pays malgré des efforts de médiation impliquant notamment le Qatar et les États-Unis.
Un accord sanitaire bilatéral avec Washington
Dans un tout autre registre, les États-Unis et le gouvernement congolais ont signé un mémorandum d’entente bilatéral de coopération sanitaire d’une durée de cinq ans.
Selon le département d’État américain, jusqu’à 900 millions de dollars pourraient être mobilisés pour soutenir les efforts de la RDC dans la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose, le paludisme, la mortalité maternelle et infantile et d’autres maladies infectieuses. Le gouvernement congolais s’engage, de son côté, à accroître ses dépenses nationales de santé de 300 millions de dollars sur la même période.
D’un montant total de 1,2 milliard de dollars, l’accord prévoit notamment la mise en place d’un système national intégré de surveillance et de riposte aux épidémies, ainsi que la professionnalisation des agents de santé communautaires et la modernisation des systèmes de données.
À Kinshasa, justice, football et transport aérien
À Kinshasa, le tribunal de grande instance de Kinshasa/Matete a condamné jeudi 26 février le prévenu Josué Kaniki à la peine de mort pour meurtre et à trois ans de servitude pénale pour anthropophagie. En application des règles de cumul, seule la peine la plus forte, la peine de mort, a été retenue. Le tribunal a également ordonné son arrestation immédiate et le paiement de 50 000 dollars à la partie civile à titre de dommages-intérêts.
Sur le plan sportif, la Ligue nationale de football (LINAFOOT) prévoit la reprise des matchs de Ligue 1 à Kinshasa samedi 28 février au stade Tata Raphaël, après plus de trois semaines d’arrêt consécutives à la fermeture du stade décidée le 6 février par le ministre des Sports, Didier Bidimbu, à la suite d’actes de vandalisme.
Enfin, la nouvelle compagnie nationale Air Congo a annoncé le lancement, à partir de mars, de ses premières liaisons régionales reliant Kinshasa à Johannesburg, Entebbe, Douala, Cotonou et Dar es Salaam, marquant une nouvelle étape dans son plan d’expansion.