Le Royaume de Belgique continue d’enregistrer un nombre croissant de demandeurs d’asile en provenance de la République démocratique du Congo. Alors qu’en 2023, leur nombre s’élevait à environ 1 250, il a fortement augmenté pour atteindre 2 500 en 2025. En ce début d’année 2026, après seulement trois mois, plus de 450 demandes ont déjà été enregistrées.
Ces chiffres ont été révélés ce lundi 13 avril 2026, devant la presse à l’ambassade de Belgique à Kinshasa, par la ministre belge en charge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, qui a entamé une visite de travail dans la capitale congolaise. Au cours de ce séjour, elle aura des entretiens avec les autorités congolaises sur plusieurs dossiers d’actualité liés aux questions migratoires.
"La Belgique est confrontée depuis de nombreux mois à une forte augmentation de demandeurs d'asile (que l'on appelle aussi demandeurs de protection internationale) qui viennent de RDC. Les chiffres explosent: de presque 1.250 demandes en 2023, la Belgique enregistre 2.500 demandes de ressortissants congolais en 2025. Les chiffres en hausse se confirment pour les 3 premiers mois de cette année (plus de 450 demandes). C'est beaucoup trop", a indiqué Anneleen Van Bossuyt.
Pendant cette visite de travail, a-t-elle indiqué, elle va sensibiliser la population congolaise aux risques associés à l’immigration irrégulière.
"En tant que Ministre, je travaille à mettre en place une politique migratoire ferme et juste. Les Congolais sont les bienvenus, mais uniquement s'ils respectent les lois et procédures légales. Il est de mon devoir de construire une politique guidée par l'équité, la responsabilité et l'humanité", a souligné la ministre belge en charge de l’Asile et de la Migration.
Au nom du gouvernement Belge, elle a rappelé que la procédure d'asile est réglementée par des conventions internationales reconnues (dont la Convention de Genève) et elles s'appliquent uniquement pour des personnes victimes de persécutions graves qui craignent pour leur vie ou leur liberté. Or selon elle, la plupart des demandeurs d'asile congolais sont originaires de Kinshasa et ne viennent pas de l'Est du pays qui est une zone de conflit. Pour ces personnes, n'y a pas de crainte réelle.
"Utiliser de fausses déclarations ou de faux documents ne sert à rien. C'est de la fraude et un abus de procédure. De même, utiliser un Visa Schengen pour entrer sur le territoire belge et demander l'asile est un détournement de procédure. Le visa C'est réservé uniquement pour des séjours de courte durée, par exemple pour une visite familiale, une visite touristique ou un voyage d'affaires, mais pas pour s'établir en Belgique", a-t-elle souligné.
Par ailleurs, elle a révélé que les Congolais qui détournent les procédures migratoires recevront une décision négative et devront rentrer au pays. À l'en croire, Ils recevront un ordre de quitter le territoire de la Belgique et devront partir dans un délai très court. S'ils ne le font pas, ils vivront dans la clandestinité en Belgique, sans avoir la possibilité de travailler, sans bénéficier d'aucune aide. De plus, elle a précisé que ces personnes risqueront aussi à tout moment d'être interceptées par la Police et d'être enfermées dans un centre de rétention en vue d'être renvoyées de force vers la RDC
La Belgique et la République Démocratique du Congo entretiennent des relations historiques étroites. Ces liens se traduisent par une présence congolaise significative, composée d’étudiants, de travailleurs, de regroupements familiaux et, plus récemment, d’une hausse notable des demandes de protection internationale.
Selon plusieurs observateurs, plusieurs facteurs internes expliquent l’augmentation des demandes d’asile congolais : tensions politiques persistantes, insécurité croissante à l’Est du pays marquée par l'agression rwandaise via la rébellion de l'AFC/M23, dégradation économique et précarité accrue de la population. Malgré les discours officiels, la situation intérieure de la RDC peine à s’améliorer.
Clément MUAMBA