Huit personnes, parmi lesquelles le bourgmestre de la commune urbano-rurale de Panu, ont été condamnées à la peine de mort lundi par le tribunal militaire de garnison de Kikwit, compétent pour les provinces du Kwilu, du Kwango et du Maï-Ndombe, à l’issue d’audiences foraines en matière de flagrance relatives aux affrontements meurtriers survenus dans cette entité. Les audiences se sont tenues à la cité d’Idiofa. Deux autres prévenus ont été acquittés et ont recouvré leur liberté.
La juridiction militaire a retenu la culpabilité des huit condamnés pour faits de terrorisme, excluant expressément le bénéfice des circonstances atténuantes. Parmi les personnes reconnues coupables figure le bourgmestre Xénon Mufele, présenté par l’accusation comme l’instigateur des événements ayant conduit aux violences.
Outre la peine capitale, le tribunal a prononcé des sanctions pécuniaires. Chaque condamné devra verser 25 000 dollars américains aux huit parties civiles constituées, dont la commissaire divisionnaire adjointe de la police du Kwilu, la générale Angel Yanbgonga, qui percevra à ce titre 5 000 dollars de la part de chacun des huit condamnés. À ces montants s’ajoutent 100 000 francs congolais par condamné, à payer dans un délai de huit jours, au titre des frais d’instance.
Dans son réquisitoire, l’auditeur militaire avait requis la peine de mort contre l’ensemble des prévenus, tout en sollicitant l’acquittement du prévenu Kibala Chadrac, position partiellement suivie par la juridiction au regard des deux acquittements prononcés.
Les faits jugés remontent au 3 février 2026, vers 5 heures du matin. Ce jour-là, la police avait procédé à l’arrestation de deux présumés bandits dans la commune urbano-rurale de Panu. En réaction, des membres de leurs groupes les avaient arrachés aux forces de l’ordre, déclenchant de violents affrontements. Quatre personnes, dont deux policiers, avaient perdu la vie lors de ces incidents.
Jonathan Mesa