RDC–Émirats arabes unis : ce que l’on sait de l’accord de partenariat économique global

Signature de l'accord entre les Emirats arabes unis et la RDC
Signature de l'accord entre les Emirats arabes unis et la RDC

La RDC et les Émirats arabes unis ont signé un Accord de partenariat économique global (APEG), en présence du président émirati Mohamed ben Zayed Al Nahyane et de son homologue congolais Félix-Antoine Tshisekedi.

Présenté comme un instrument de transparence, l’accord est décrit par ses promoteurs comme visant à « briser les réseaux mafieux » à travers la formalisation des échanges économiques entre les deux pays.

Selon les chiffres avancés, les volumes d’échanges bilatéraux étaient estimés à 1,2 milliard de dollars en 2020, à 3,5 milliards en 2023 et à 4,5 milliards en 2024. Le texte fait état d’une projection à 10 milliards de dollars à l’horizon 2030. Il évoque également l’établissement d’une liste de 6 000 produits congolais considérés comme éligibles aux échanges dans le cadre de l’accord.

L’APEG est présenté comme structuré autour de trois axes majeurs, dont un pilier consacré aux mines et à la diplomatie économique. Dans ce cadre, le texte met en avant le renforcement de la traçabilité des minerais, la sécurisation des chaînes de valeur minières par des investissements coordonnés, ainsi que la promotion de la transformation locale, avec l’objectif affiché de positionner la RDC au-delà de son rôle de producteur de matières premières. Il est également fait mention d’une coopération institutionnelle entre l’Académie diplomatique de la RDC et l’Académie Anwar Gargash des Émirats arabes unis, axée sur la formation, la recherche et le partage d’expertise.

L’origine de ce partenariat est située en 2021, lors de la participation du président Tshisekedi à l’Expo Dubaï 2020, reportée en raison de la pandémie. Deux engagements y étaient rattachés : la construction du port en eaux profondes de Banana, destiné à doter la RDC d’une infrastructure maritime majeure à Moanda, et la formalisation des flux d’or artisanal via le système bancaire.

S’agissant de l’or artisanal, les exportations officielles de la RDC étaient auparavant estimées entre 5 et 10 kilogrammes par an, avec un pic à 34 kilogrammes en 2020, selon les chiffres officiels. Dans le cadre de la formalisation du secteur, Primera Gold, coentreprise RDC–Émirats arabes unis, est citée comme ayant exporté, en seulement 45 jours d’activité, plus d’or que la RDC ne l’avait fait officiellement au cours des quinze années précédentes. Les volumes mentionnés font état de 5 000 kilogrammes exportés en 2023 et de 7 000 à 9 000 kilogrammes en 2024, soit une moyenne indiquée de 800 kilogrammes par mois.