La détérioration de la situation sécuritaire liée aux attaques répétées des combattants ADF continue d’affecter le diocèse de Butembo-Beni. Dans ce contexte, la paroisse catholique Saint Jean-Paul II de Masoya, située dans la chefferie de Baswagha (territoire de Lubero) au Nord-Kivu, a cessé toutes ses activités depuis le dimanche 25 janvier 2026.
L’information a été rapportée à ACTUALITÉ.CD ce mercredi 28 avril par le président de la société civile de Musienene, Kambale Maboko Fanuel. Selon des sources ecclésiastiques locales, les sept secteurs composant cette paroisse ne fonctionnent plus normalement en raison de l’insécurité persistante dans la zone.
Le curé de la paroisse, l’abbé Kakule Jonathan Willibrord, ainsi que plusieurs agents pastoraux, ont quitté la région pour des raisons de sécurité. Les fidèles ont également déserté la paroisse, rendant impossible la poursuite des activités pastorales. Plusieurs d’entre eux se sont déplacés vers des zones jugées plus sûres, notamment Mwenye Centre et la ville de Butembo.
"Sur les sept secteurs que compte la zone, presque tous ont été touchés et plus rien ne fonctionne normalement. Les chrétiens comme les prêtres ont été contraints d’abandonner la paroisse.
Ce que nous réitérons, c’est notre appel aux agents de l’État à assumer pleinement leurs responsabilités et à accomplir correctement leur mission, car la pastorale ne peut fonctionner sans une situation sécuritaire stable", a déclaré le curé de la paroisse.
Dans ce climat marqué par des menaces récurrentes et une instabilité persistante, les autorités ecclésiastiques estiment que la mission pastorale ne peut être assurée sans des garanties minimales de sécurité.
La chefferie des Baswagha ainsi que le secteur des Bapere sont, depuis plusieurs mois, la cible de nombreuses attaques des islamistes ADF. Ces violences avaient causé la mort de nombreux civils et provoqué d’importants déplacements de populations.
Pour rappel, au mois de novembre dernier, le couvent des Petites Sœurs de la Présentation, situé à Biambwe dans la chefferie de Baswagha (territoire de Lubero), avait également suspendu toutes ses activités. Cette fermeture était intervenue après une série d’attaques des ADF dans le secteur des Bapere et la chefferie des Baswagha. Des incursions qui avaient coûté la vie à 29 civils, dont 17 patients retrouvés dans un centre de santé de Biambwe.
Josué Mutanava