Ebola : plus de 100 tonnes de fournitures humanitaires vitales et de première nécessité de l’UNICEF arrivent en Ituri

Des médicaments acheminés par l'UNICEF au Kasaï pour riposter contre Ebola
Des médicaments acheminés par l'UNICEF au Kasaï pour riposter contre Ebola

Le premier envoi international de matériel d’urgence contre Ebola de l’UNICEF est arrivé en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Selon un communiqué de l’UNICEF rendu public jeudi 28 mai, plus de 100 tonnes de fournitures humanitaires vitales et de première nécessité ont commencé à être acheminées par avion vers la République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre de la réponse d’urgence globale à l’épidémie croissante d’Ebola, avec le soutien de l’Union européenne.

L’UNICEF précise que le fret d’urgence  comprenant des équipements de protection individuelle destinés aux travailleurs de la santé en première ligne, des médicaments, du matériel d’hygiène ainsi que des fournitures médicales  a été acheminé depuis le centre logistique mondial de l’UNICEF à Copenhague via un service aérien humanitaire spécialisé, soutenu par la Direction de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire (ECHO) de la Commission européenne. Cette aide vise à contenir la propagation du virus dans les communautés touchées.

« Nous sommes engagés dans une course contre la montre pour contenir cette épidémie. La situation demeure extrêmement préoccupante et évolutive. Ces fournitures d'urgence sont essentielles pour protéger les travailleurs en première ligne et soutenir les communautés touchées, notamment les enfants », a déclaré John Agbor, représentant de l'UNICEF actuellement à Bunia, en RDC.

Ces fournitures devraient permettre de venir en aide à près de 100 000 personnes, dont des enfants et des familles vivant dans des communautés déjà confrontées à une situation humanitaire fragile, marquée par les déplacements de population, les conflits et un accès limité aux services sociaux de base.

En collaboration avec les autorités nationales et les partenaires humanitaires, l’UNICEF continue d’accélérer la mise en œuvre des piliers clés de la riposte, notamment la prévention et le contrôle des infections, l’approvisionnement et la logistique, la communication des risques et l’engagement communautaire, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, ainsi que le soutien direct aux enfants et aux familles touchés par l’épidémie.

« La communication des risques et la mobilisation communautaire sont essentielles à la lutte contre Ebola. Les épidémies précédentes ont démontré que l’instauration d’un climat de confiance et l’engagement des communautés sont cruciaux pour la riposte. Cela implique de travailler en étroite collaboration avec les communautés locales, leurs dirigeants, les groupes confessionnels, les associations de femmes, les organisations de jeunes et les agents de santé de première ligne afin de renforcer la sensibilisation, le dépistage précoce et les bonnes pratiques », a ajouté Gilles Fagninou, directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

La propagation rapide de l’épidémie à travers les provinces et de multiples zones sanitaires du nord-est de la RDC souligne l’urgence d’une action coordonnée et soutenue pour contenir le virus et protéger les enfants, les familles et les communautés. L’UNICEF a activé son niveau d’intervention d’urgence maximal, soit la procédure d’activation d’urgence institutionnelle de niveau 3, et a déjà mobilisé 6,525 millions de dollars de ses ressources de base pour répondre aux besoins les plus critiques. Plus que jamais, précise le communiqué, l’UNICEF a besoin d’un financement flexible et rapide pour pérenniser son action et garantir que les enfants et les familles continuent de recevoir une aide vitale.

En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, avant de s’étendre, à ce jour, aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

Malgré les difficultés majeures d’accès aux communautés touchées, les autorités sanitaires congolaises se montrent optimistes et affirment disposer d’une connaissance approfondie ainsi que d’une expérience avérée dans la lutte contre les épidémies d’Ebola, après avoir déjà géré 16 épidémies de la maladie à virus Ebola. Une mission gouvernementale est arrivée ce jour à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, en vue d’évaluer la situation et de renforcer la riposte sur le terrain.

Clément MUAMBA