Face à un besoin croissant de ressources financières pour affronter la 17ᵉ epidémie de la maladie à virus Ebola, le gouvernement des États-Unis d’Amérique a annoncé un renforcement de son soutien à la lutte contre l’épidémie en cours dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo, avec une nouvelle enveloppe de 80 millions de dollars destinée à appuyer les partenaires humanitaires et sanitaires engagés sur le terrain.
Dans un communiqué du Département d’État rendu public ce jeudi 28 mai et dont une copie est parvenue à ACTUALITE.CD, Washington précise que cette aide s’inscrit dans le cadre d’une "riposte globale et coordonnée" visant à endiguer l’épidémie à sa source, à protéger la population américaine et à prévenir toute propagation internationale du virus.
En collaboration avec les gouvernements locaux, les ONG de mise en œuvre et les organisations internationales, les États-Unis affirment intensifier leur engagement dans les zones affectées, à travers un appui financier et opérationnel renforcé.
"Le 27 mai, le ministère a finalisé son plan d'allocation d'une aide bilatérale supplémentaire de 80 millions de dollars à ses principaux partenaires sur le terrain afin de renforcer leur action face à l'épidémie d'Ebola. Ces nouvelles ressources permettront aux partenaires opérationnels d'intensifier les activités essentielles suivantes : acquisition et distribution d'équipements de protection individuelle (EPI), contrôle et surveillance aux frontières, recherche des contacts et fourniture de matériel de diagnostic", précise le département d'Etat américain.
Selon le Département d’État, ce financement annoncé a déjà été planifié pour soutenir plusieurs axes prioritaires de la riposte. Selon le communiqué, une partie des fonds sera consacrée à l’acquisition et à la distribution d’équipements de protection individuelle (EPI), afin de protéger les personnels de santé et les travailleurs de première ligne. L’UNICEF et le Programme alimentaire mondial seront notamment mobilisés pour renforcer ces capacités dans les zones à haut risque.
D'après le département d'Etat, les efforts de contrôle aux frontières seront également intensifiés. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) est chargée de renforcer les dispositifs de surveillance sanitaire aux points d’entrée régionaux, notamment dans les aéroports et aux principaux passages terrestres et maritimes. Elle devra également améliorer la communication sur les risques auprès des communautés afin de réduire les comportements à risque.
Par ailleurs, la recherche des cas contacts constitue un autre pilier de cette stratégie. Selon le communiqué, des organisations telles qu’Interchurch Medical Assistance (IMA) World Health, World Vision et l’UNICEF vont élargir le suivi des personnes potentiellement exposées, afin de limiter la chaîne de transmission. Enfin, FHI 360 sera chargée de renforcer la disponibilité des outils de diagnostic, notamment par l’achat et la distribution de kits de dépistage, ainsi que par l’amélioration du transport sécurisé des échantillons.
Le Département d’État précise que ce nouvel appui porte à plus de 112 millions de dollars le montant total de l’aide extérieure bilatérale mobilisée en faveur de la lutte contre Ebola en moins de deux semaines. Dans le même document, les autorités américaines réaffirment ainsi leur engagement à soutenir les efforts internationaux visant à contenir l’épidémie et à renforcer les capacités de réponse dans les zones touchées.
Outre les 112 millions de dollars d'aide étrangère bilatérale mentionnés précédemment, le Département d'État a engagé 50 millions de dollars auprès du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) afin de financer jusqu'à 50 cliniques de riposte à Ebola dans les zones touchées.
Les équipes du Département d'État ont déployé des intervenants dans des dizaines d'établissements de santé à Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, en RDC, et s'efforcent d'améliorer les capacités des centres de traitement et des unités de transit pour les patients atteints d'Ebola dans ces zones.
Le Département d'État fournit également 300 millions de dollars, par le biais des fonds communs de l'OCHA, à la RDC et à l'Ouganda pour des efforts humanitaires plus larges dans la région touchée.
En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, avant de s’étendre, à ce jour, aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Malgré les difficultés majeures d’accès aux communautés touchées, les autorités sanitaires congolaises se montrent optimistes et affirment disposer d’une connaissance approfondie ainsi que d’une expérience avérée dans la lutte contre les épidémies d’Ebola, après avoir déjà géré 16 épidémies de la maladie à virus Ebola. Une mission gouvernementale est arrivée ce jour à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, en vue d’évaluer la situation et de renforcer la riposte sur le terrain.
Clément MUAMBA