Trois personnes ont été tuées lors des explosions survenues le 11 mars à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, dont l’humanitaire française de l’UNICEF Karine Buisset. L’identité des deux autres victimes reste incertaine.
Dans un communiqué publié le 13 mars, le gouvernement congolais a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire après cette explosion survenue dans le quartier résidentiel de Himbi. Selon ce texte, la ressortissante française et membre du personnel de l’UNICEF a été tuée « ainsi que deux autres personnes, un élément du M23 et un agent de sécurité privée, selon les premières informations communiquées par des sources humanitaires et onusiennes ».
Les faits se sont produits à l’aube du 11 mars dans la ville de Goma. Un immeuble résidentiel habité par des expatriés et des travailleurs humanitaires a été touché par des explosions.
L’UNICEF en RDC a confirmé la mort de Karine Buisset, spécialiste de programme chargée de la protection contre l’exploitation et les abus sexuels (PSEA), précisant que l’incident s’était produit mercredi matin dans la zone de Himbi.
Le Représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies en RDC et chef par intérim de la mission de l’ONU, Bruno Lemarquis, a condamné « l’utilisation de drones d’attaque » ayant entraîné la mort d’« un membre du personnel des Nations unies et de deux civils » et causé des dommages à des habitations civiles.
Mais l’identité des deux autres victimes mentionnées dans les premiers bilans n’a pas été confirmée publiquement.
Des sources de l’UNICEF contactées par ACTUALITE.CD affirment que ces deux personnes ne faisaient pas partie du personnel de l’agence. Des sources au sein de l’Union européenne indiquent également qu’elles ne sont pas des employés d’ECHO, le service d’aide humanitaire de l’UE.
Dans son communiqué, le gouvernement congolais indique que les lieux de l’incident ont été « immédiatement investis par des éléments des Forces de défense rwandaises (RDF) et du mouvement armé M23 ».
Le gouvernement congolais affirme que ces événements interviennent dans le contexte du conflit armé affectant l’est de la RDC, impliquant des groupes armés non étatiques ainsi que les forces armées rwandaises et leurs supplétifs du M23 opérant sur le territoire congolais.
Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux a chargé l’auditeur général près les Forces armées de la RDC d’ouvrir « sans délai » une enquête afin d’établir les circonstances des faits et d’éventuelles responsabilités.
Parallèlement, en France, le parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête pour crime de guerre afin d’établir les circonstances de la mort de la ressortissante française.
La directrice exécutive de l’UNICEF, Catherine Russell, s’est dite « dévastée et outrée », rappelant que les civils et les travailleurs humanitaires ne doivent jamais être pris pour cible.
La commissaire européenne chargée de la gestion des crises, Hadja Lahbib, a dénoncé un « crime » et un « acte abject ».
L’Union européenne a appelé à une enquête indépendante, impartiale et crédible afin de faire la lumière sur les responsabilités.
Selon le Forum des ONG internationales en RDC (FONGI), treize humanitaires ont été tués dans l’est du pays en 2025, contre neuf en 2024, tandis que 626 incidents sécuritaires visant des acteurs humanitaires ont été recensés l’année dernière.