Il n’y a pas que ses camarades du PPRD et du FCC qui s’inquiètent de son arrestation nocturne, dimanche dernier, à son domicile à Kinshasa. L’ancien président de l'Assemblée nationale, Aubin Minaku. L’opposant Delly Sessanga, qui a combattu le régime de Kabila, auquel Minaku appartenait, a déploré l’arrestation cavalière du vice-président du Parti politique pour la reconstruction et la Démocratie (PPRD), qui viole dit-il, la liberté et la sûreté individuelles.
« Dans un État de droit, le respect de la Constitution n’est pas une option ! La liberté, la sûreté individuelle, le droit d’être présenté à son juge naturel, selon des procédures légalement établies, sont des garanties constitutionnelles. L’enlèvement d’Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale, les viole frontalement », déplore l’ancien député national.
Le président d’Envol fustige la privation illégale de la liberté devenue, selon lui, une méthode qui fait de la constitution un simple « décor ».
Une autre voix, jadis contraire au régime passé, s’est plainte de la violation continue des droits humains et des libertés fondamentales en RDC. L’opposant Martin Fayulu qui s’est, lui aussi, exprimé mercredi, a appelé à la relecture de la constitution qui garantit tous ces droits inhérents à un Etat de droit.
« Arrestation d’Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale. Jusqu’à quand piétinera-t-on les droits humains et les libertés fondamentales ? La Constitution est claire. Relisez les alinéas 1 et 2 de l’art. 17 ainsi que l’intégralité de l’art. 18 de la Constitution de la RDC », a-t-il écrit sur X.
D’après plusieurs sources dont des membres de l’entourage politique et des témoins oculaires, l’ancien député national a été arrêté dans sa résidence privée par des hommes armés pour des motifs non encore communiqués officiellement par les autorités. Fidèle allié de Joseph Kabila, il a été emmené vers une destination inconnue peu après minuit. Des sources sécuritaires, qui ont requis l’anonymat, ont indiqué que l’intervention a été menée sans violence apparente, bien que la résidence ait été bouclée par des éléments des forces spéciales.
Les activités du PPRD restant suspendues à travers le pays depuis novembre dernier, les cadres et membres du parti de l’ancien président de la République se sont visiblement exécutés, et n’ont exercé aucune pression pour obtenir la libération de leurs camarades, interpellés en série, à Kinshasa. Ils exigent tout simplement la libération immédiate de leurs camarades arrêtés dans des circonstances similaires, et s'inquiètent du silence complice » des partenaires internationaux de la RDC.
Samyr LUKOMBO