Le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a affirmé dimanche que des éléments du groupe armé AFC/M23 étaient encore présents dans la ville d’Uvira, malgré l’annonce de leur retrait.
« Selon nos renseignements, certains de leurs éléments sont encore présents dans la ville d’Uvira, dissimulés dans différents quartiers, en tenue civile mais armés », a déclaré le gouverneur dans une adresse à la population. Selon lui, ces éléments chercheraient à « créer le chaos, perpétrer des crimes, organiser des pillages et des massacres », afin de justifier un éventuel retour.
Le gouverneur a également évoqué la présence présumée de mines antipersonnelles et appelé la population à la plus grande vigilance. Il a indiqué que des positions occupées par ces éléments avaient été signalées sur plusieurs hauteurs dominant la ville, notamment à Katongo, Kigongo, Makobola 1 et 2 ainsi que dans les montagnes de Kivovo.
Il a ajouté que d’autres éléments s’étaient repliés vers Sange, Luvungi et la sucrerie de Kiliba, à environ 15 kilomètres d’Uvira, estimant que cette situation constituait « une violation flagrante du cessez-le-feu », lequel prévoit un retrait au-delà de Kamanyola, hors du territoire d’Uvira.
Dans son message, le gouverneur a lancé un appel au calme et à l’unité des communautés du Sud-Kivu, mettant en garde contre toute stigmatisation ou attaque ciblée fondée sur l’origine, et exhortant la population à suivre uniquement les consignes des autorités.
Cet appel intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires. Des scènes de pillage ont été signalées dimanche dans plusieurs quartiers d’Uvira, où des jeunes sont entrés dans des bâtiments pour emporter divers biens, selon des témoignages recueillis sur place.
La matinée a été marquée par des coups de feu entendus à plusieurs reprises, provoquant un climat d’insécurité et des scènes de pillage dans différents secteurs de la ville. Des bâtiments administratifs ont notamment été visés, ont indiqué des sources locales.
En raison de la situation sécuritaire, plusieurs paroisses catholiques, dont la cathédrale d’Uvira, n’ont pas organisé de messes dimanche, selon ces mêmes sources.
À ce stade, il n’était pas possible de déterminer précisément qui contrôlait la situation sur le terrain. Des témoins ont indiqué avoir vu des jeunes se réclamant de groupes dits Wazalendo dans certains quartiers, tandis que les Forces armées de la République démocratique du Congo n’étaient pas signalées dans la ville.
Ces événements surviennent au lendemain du départ, samedi, d’une colonne de combattants de l’AFC/M23 d’Uvira. Des hommes en treillis, armes en bandoulière et casques sur la tête ont été vus quittant la ville, certains à pied, d’autres à bord de camions, selon des témoins, leur nombre étant estimé à au moins 200.
Le mouvement a indiqué qu’il s’agissait de son « unité d’observation et de monitoring », affirmant que ce départ marquait l’achèvement de son retrait d’Uvira, annoncé le 15 janvier, et précisant décliner désormais toute responsabilité dans la sécurisation de la ville et de ses habitants.
Des tirs avaient déjà été entendus samedi aux alentours d’Uvira et, en fin de journée, l’inquiétude restait perceptible parmi les habitants, selon des sources locales.