Accord de Washington : stagnation préoccupante et dynamique d’essoufflement dans la mise en œuvre, aucun progrès entre novembre et décembre 2025 (Baromètre)

Les délégués réunis à Doha
RDC, Rwanda, Togo, USA réunis à Doha

Les progrès enregistrés dans la mise en œuvre de l’Accord de Washington, signé entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous les auspices de l’administration Trump, demeurent fragiles, inégaux et marqués par une dynamique d’essoufflement. C’est ce qu’a révélé le Baromètre des accords de paix en Afrique, six mois après sa signature, en présence de Marco Rubio, secrétaire d’État américain.

Selon le document du Baromètre des accords de paix en Afrique consulté ce lundi 5 janvier 2026, le suivi du mois de décembre 2025 met en évidence la persistance d’une stagnation préoccupante du processus de mise en œuvre, le score d’exécution enregistré en décembre étant identique à celui de novembre 2025.

"En effet, collectivement, sur les 30 tâches identifiées dans l’Accord, 19 ont connu un début de mise en œuvre, pour un taux global d’exécution de 23,3 % (soit 70 points sur 300). En ne considérant que les tâches partiellement exécutées, le taux de réalisation atteint 36,8 % (soit 70 points sur 190). Individuellement, sur les 26 tâches relevant de la responsabilité de la RDC dans l’Accord, seules 16 ont connu une exécution partielle, pour un taux global d’exécution de 22,1 % (soit 57,5 points sur 260). En ne considérant que les tâches partiellement exécutées, le taux de réalisation atteint 35,9 % (soit 57,5 points sur 160)", précise le document.

Quant au Rwanda, sur les 22 tâches qui lui sont attribuées dans l’Accord, seules 13 ont connu une exécution partielle, pour un taux global d’exécution de 22,7 % (soit 50 points sur 220). En ne considérant que les tâches partiellement exécutées, le taux de réalisation atteint 38,4 % (soit 50 points sur 130).

Par ailleurs, toutes les 7 tâches confiées à la Communauté internationale dans l’Accord ont connu une exécution partielle, pour un taux global d’exécution de 39,2 % (soit 27,5 points sur 70).

Malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent pas toujours à parler le même langage, et les tensions persistent sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, en particulier le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump.

Il en est de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit  notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés restent au point mort. Plusieurs mesures convenues, notamment depuis la publication du communiqué conjoint d’avril dernier, la signature du mécanisme de cessez-le-feu, de la déclaration de principes, et plus récemment de l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre.

Cette inertie diplomatique a favorisé la reprise de violents affrontements entre l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et les forces gouvernementales. Par ailleurs, le dialogue national, pourtant réclamé par plusieurs acteurs sociopolitiques pour accompagner ces initiatives, tarde à être convoqué. Le président de la République, Félix Tshisekedi, maintient pour l’instant sa position, estimant que toute initiative de dialogue doit émaner de sa propre autorité, malgré la publication de la feuille de route des confessions religieuses.

Clément MUAMBA