Le gouverneur de la ville de Kinshasa Daniel Bumba, qui se trouve sous l’œil du cyclone des critiques orientées sur sa gestion d’une capitale à multiples problèmes dont les embouteillages et des inondations, s’est dédouané, chiffres à l’appui, au cours d’une interview à la radio Top Congo samedi.
Pendant que les Kinois soupirent à cause de la dégradation des routes à Kinshasa, le locataire de la ville s’est félicité d’avoir réussi l’asphaltage d'environ de 120 kilomètres sur les 660 qu’il dit avoir alignés de construire, et un total de 302 avenues déjà prises en charges.
« 660 kilomètres déjà bookés pour la seule année dans laquelle nous sommes, 302 avenues déjà prises en charge, et les travaux clôturés à ce jour sont de plus de 105 kilomètres sur lesquels vous roulez sans vous rendre compte », a-t-il dit samedi, ajoutant des travaux en cours dans différents chantiers ouverts sont de autour de 405 kilomètres.
A l’en croire, les 120 kilomètres déjà finalisés représentent pas mal d’avenues, dont il s’est réservé de citer les noms. Il a par ailleurs dévoilé que le gouvernement de Gentiny Ngobila, son prédécesseur, n’avait pu réaliser que 34 kilomètres de route durant 5 ans, avec un budget de près de 450 millions de dollars pour l’entretien des routes.
« Vous ne réalisez peut-être pas les 105 kilomètres, mais c’est plusieurs avenues que je ne saurai pas compter ici. Dans le mandat qui était avant mois, en 5 ans, seuls 34 kilomètres ont été construits, contrairement à nous, qui avons, à moins de 15 mois, délivré autour de 120 kilomètres. Nous faisons plus avec moins d’argent. Prenons le cas de FONER ( Fonds National d'Entretien Routier). Il avait reçu lors du mandat qui m’a précédé, autour de 450 millions de dollars en ce qui concerne l’entretien des routes. Mais où est le résultat? », s'est-il interrogé.
L’occasion faisant les larrons, Daniel Bumba a expliqué la répartition des fameux 96 millions de dollars décaissés par le gouvernement central pour la construction, la réhabilitation des routes ainsi que le curage des caniveaux, pour lesquels Kinshasa est indexé de se tailler la part du lion. Il a également avoué n’avoir perçu aucun dollar, d’autant que les fonds partent du ministère des finances directement vers les prestataires, sous le contrôle de l’Inspection générale des Finances (IGF).
« Ce sont des faussetés. Le montant qu’on attribue à la ville de Kinshasa n’est pas vrai. La ville n’a pas eu la grosse part dans les 96 millions évoqués. L’argent alloué à la ville de Kinshasa est autour de 21 millions, soit un taux de 21%, et les fonds déjà utilisés par Kinshasa est de 14 millions pour des travaux relatifs à la voirie et le curage. Les 7 millions restants sont dans la banque, gardé dans sous-compte du ministère des finances », a expliqué le gouverneur.
Depuis le début de la semaine passée, le patron de la ville de Kinshasa a essuyé plusieurs critiques après des inondations, dégradation des routes à la base des embouteillages, ainsi que l’insécurité accrue soldée par des morts d’homme. Plusieurs Kinois, qui se sont exprimés à travers les réseaux sociaux, ont prié Daniel Bumba de démissionner, évaluant son bilan largement mitigé.
À l’assemblée provinciale de Kinshasa, une question orale avec débat l’attend pour expliquer la gestion des ressources de la ville, mais il se voit sauvé de justesse par la décision du gouvernement central, qui a instruit à toutes les assemblées provinciales de suspendre les motions et pétitions des députés en ce temps de guerre.
Samyr LUKOMBO