Alors que la République Démocratique du Congo dispose d’un sol et d’un sous-sol exceptionnellement riches en minerais, le secteur minier congolais, tant à l’interne qu’à l’international, fait face à de multiples critiques à savoir : mauvaise gouvernance, manque de transparence dans la gestion des revenus, publication des contrat ainsi que dans la répartition des recettes générées.
Si, pour certains, il existe un véritable " Far West" (NDLR : un endroit marqué par l’anomie et la loi du plus fort) dans ce secteur stratégique de la République Démocratique du Congo, les autorités congolaises, elles, ont une lecture différente de la situation. Pour le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, deux catégories de personnes se dégagent dans ce cas de figure: ceux qui préfèrent se limiter aux critiques et ceux qui estiment qu’investir en RDC est comparable à ce qui se fait sous d’autres cieux.
"Maintenant, pour ceux qui pensent que le secteur que je dirige est un “Far West”, nous venons de boucler une grande tournée en Europe, en Amérique et en Chine. À ceux qui ont cette perception, je leur dis ceci : autant vous nous regardez, autant nous vous regardons. Ça fonctionne de deux manières : lorsque moi avec mes 35 ans d’expérience dans le secteur minier, je vous regarde vous, je vois deux camps, le premier, ceux qui critiquent le Congo avec le Congo Bashing et disent que le Congo c’est vraiment le “Far West” en termes de mines. C’est un peu comme cette belle fille qui a tous les atouts mais pas de moralité. Ce sont leurs termes, c’est leur droit de penser ainsi", a fait remarquer le ministre des Mines Louis Watum Kabamba.
D'après le ministre de tutelle, la seconde catégorie est celle des investisseurs et grâce à eux, la RDC a pu capter près de 45 milliards Usd d'investissements dans le secteur minier
"L’autre camp ou l'autre catégorie des gens, est celle des investisseurs, ce sont ceux qui ont compris qu’investir au Congo, c’est comme investir partout ailleurs : si vous faites votre devoir à domicile au départ, vous réalisez que vous avez deux grands meilleurs alliés qui ne sont pas le président Félix Tshisekedi, ni Madame Judit Suminwa ni moi, le ministre. Non. Vos deux meilleurs alliés sont :les lois et règlements du pays, qui garantissent votre investissement, assurent la stabilité fiscale et protègent vos actifs et l’administration, qui vous fournit toutes les autorisations nécessaires pour exécuter votre plan d’affaires et réussir. C’est important pour nous que vous réussissiez : quand vous faites un profit, une partie revient dans le trésor public. Ce camp d’investisseurs a compris cela : à ce jour, ils ont investi près de 45 milliards de dollars dans notre pays", a expliqué le ministre des Mines Louis Watum Kabamba.
Pendant que certains critiquent toujours, Louis Watum Kabamba a révélé que lors de son recent séjour à Kolwezi ( Lualaba), il y a encore des investisseurs qui viennent d'installer d'autres nouvelles usines pour l'exploitation des matières premières
"Lors du crash à Kolwezi à 30 km de là, on mettait à feu, en service la fonderie la plus moderne au monde, utilisant la technologie direct to blast flash smelting. C’est-à-dire : le concentré est traité dans un four fermé, sans pollution, produisant du cuivre à 99,9 %. Cela a coûté 1 milliard de dollars et va monter la production de 600 000 tonnes à 800 000 ou 1 million de tonnes, avec un autre milliard d’investissement prévu. Le Congo avance avec ceux qui ont compris et investi. Ceux qui continuent à parler de “Far West”, je leur dis ceci : la décision d’investir en RDC est binaire vous venez ou vous venez pas. Si vous estimez que c’est trop risqué, nous respecterons votre choix. Mais retenez une chose : vous allez compter le coût des opportunités perdues, et il sera d'une proportion biblique c'est-à-dire colossal", a prévenu le ministre des Mines Louis Watum Kabamba.
Prenant l'exemple des chinois qui ont accepté d'investir dans ce secteur, il a profité de l'occasion pour interpeller ceux qui traînent encore plus particulièrement les occidentaux
"Les investisseurs chinois qui sont venus investir, par exemple, on a pas déroulé le tapis rouge pour eux, ils n’ont reçu aucun traitement particulier : ils ont évalué les risques, investi les capitaux et la technologie, et ont désormais une dominance du secteur qui fait jaser l’Occident. Je dis à l’Occident : faites attention, le coût des opportunités perdues, va vous rattraper après, après vous décidez comme vous voulez", a interpellé le ministre des Mines Louis Watum Kabamba.
Depuis plusieurs années maintenant, la Chine est devenue le principal partenaire commercial de la République Démocratique du Congo recevant une part majoritaire de ses exportations minières. La Chine occupe une place centrale et stratégique dans l'économie congolaise, principalement à travers des investissements massifs dans les infrastructures et l'exploitation de ressources minières comme le cuivre et le cobalt, formant un partenariat « ressources contre infrastructures ».
L'un des grands investissements Chinois dans le secteur minier en RDC figure la Sino-congolaise des mines SA , une Joint-venture sino-congolaise, établie en RDC conformément à la convention de collaboration relative au développement d'un projet minier et d'un projet d'infrastructures, signée entre le gouvernement congolais et le groupement d'entreprises chinoises (GEC) en 2008.
Cependant, le gouvernement congolais tente maintenant de renégocier certains accords pour un meilleur équilibre et cherche à diversifier ses partenaires. Depuis l'arrivée au pouvoir de l'administration Trump aux États-Unis d'Amérique, la République Démocratique du Congo negocie avec les États-Unis un deal minier axé sur les minerais stratégiques. Cette démarche cadre avec la volonté des autorités américaines d'appuyer le processus de pacification dans l'Est de la RDC à travers l'Accord de Washington pour une meilleure collaboration.
Clément MUAMBA