La capitale congolaise a abrité pour la première fois le sommet de l’AfricArena Summit 2026, lancé le 2 mars 2026 à Silikin Village. Pendant trois jours, cet événement majeur de l’écosystème tech a réuni des fondateurs de startups, des investisseurs et des décideurs politiques. Au total, 15 start-up ont pitché, les 3 meilleures de chaque catégorie ont été sélectionnées pour représenter la RDC lors du Grand Summit annuel prévu à Cape Town, en Afrique du Sud, en décembre prochain.
Ce programme met à l’honneur la jeunesse entrepreneuriale congolaise sur la scène internationale, avec des porteurs de projets évoluant dans des secteurs variés, notamment la technologie, l’agriculture, l’environnement, l’alimentation, la finance, l’éducation et les loisirs. Selon l’initiateur et entrepreneur français Christophe Viarnaud, l’objectif est d’identifier des initiatives à fort potentiel et d’accompagner leurs promoteurs dans le lancement de leurs projets, à travers un appui financier et stratégique.
« C’est la première fois qu’on est ici à Kinshasa. Nous sommes fiers d’être à Texaf Bilembo ; le Silikini Village est un lieu d’innovation unique en Afrique. Nous organisons également d’autres événements en dehors de l’Afrique pour mettre en valeur la tech africaine. Notre objectif à Kinshasa est de créer des opportunités de financement pour les entrepreneurs. Nous avons amené avec nous un groupe d’investisseurs internationaux comme Digital Africa. Nous voulons qu’à la fin, des deals sortent de cet événement », a-t-il déclaré.
Satisfait du résultat de cette première édition, Gérald Croonenberghs, Directeur Général du Silikin Village, principal hub ayant piloté la co-organisation du sommet AfricArena, estime que l’événement a renforcé la visibilité internationale de l’écosystème de la République démocratique du Congo auprès des partenaires internationaux évoluant dans la tech.
« Le résultat attendu pour la deuxième édition, c’est qu’après celle-ci, nous ayons suscité davantage l’intérêt des investisseurs internationaux ainsi que des entreprises internationales susceptibles de découvrir le marché de la RDC, qui présente un immense potentiel. Le live streaming est allé au-delà du Congo, vers tous les continents. Nous avons contribué à mettre la RDC sur la carte globale », s’est-il réjoui.
Intervenant pour réaffirmer le soutien du gouvernement envers les startups et l’innovation locale, la Directrice de Cabinet adjointe du ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, Sandrine Nzolatima, a souligné que la RDC porte une ambition nationale impulsée par le président Félix Tshisekedi.

Cette vision est encadrée par l’Ordonnance-loi n°22/030 du 8 septembre 2022 relative à la promotion de l’entrepreneuriat et des startups et vise à positionner la RDC comme un hub technologique majeur en Afrique centrale à l’horizon 2030.
« La RDC compte plus de 100 millions d’habitants, avec une jeunesse majoritaire, un potentiel technologique immense et un marché encore largement sous-investi. Le numérique chez nous n’est pas un slogan : il transforme déjà la finance, le commerce et la logistique. La transformation numérique en RDC s’impose désormais comme un levier central de modernisation, de diversification de l’économie et de création d’emplois durables », a dit Sandrine Nzolatima.
Un carrefour pour les startups congolaises
Les lauréats spécifiques de l’édition 2026 sont : Micky Tandah, lauréat principal et fondateur-CEO de sa startup “ Tandah“ élue « Best Startup », suivi de Beni Lotomo et d’Ursula Ndombele.
Satisfait du résultat, Beni Lotomo, ingénieur en sciences exactes et coach au programme d’accélération chez Ovation, porteur du projet « Ben Tech », créé en 2021 et œuvrant dans l’énergie solaire ainsi que l’électricité bâtiment, appelle les organisateurs à poursuivre avec la même dynamique afin de dénicher de jeunes talents.
« Merci beaucoup à tous les organisateurs. C’était une réelle surprise pour moi. Je savais que j’avais bien pitché, mais il y avait aussi de très bons projets et de très bonnes solutions. Je suis très content et satisfait de cette deuxième place. C’était une découverte pour moi AfricArena ; j’ai osé et je suis parmi les gagnants », a-t-il déclaré.
Pour Ursula Ndombele, unique femme de la compétition, cofondatrice et co-CEO de Hoja, élue troisième grâce à son projet, Hoja est une structure opérant dans la mobilité à Kinshasa depuis plus de cinq ans. Elle développe plusieurs produits, dont l’application Hoja Express, une solution de commande de taxi en ligne prenant en compte les besoins et l’avenir des chauffeurs. Elle appelle les femmes à oser et à se positionner sur le devant de la scène.
« Je suis très contente du résultat. Nous avons appris notre participation à AfricArena deux semaines avant la compétition. Nous nous sommes préparés rapidement, notamment pour le pitch en anglais. C’était un défi personnel, mais je l’ai relevé pour être audible auprès des partenaires financiers. J’aimerais lancer un message à la jeunesse congolaise, surtout aux jeunes femmes : il faut oser. Nous avons beaucoup d’entrepreneuses talentueuses ; il est temps d’être au-devant de la scène », a-t-elle lancé.

Quid d'AfricArena ?
Depuis 2017, AfricArena est une plateforme de flux de marché de premier plan pour les startups, les investisseurs, les entreprises et les acteurs de l’écosystème technologique sur le continent. Les startups passées par AfricArena ont collectivement levé plus de 953 millions de dollars américains en capital. Plus de 20 entreprises mondiales ont lancé plus de 30 défis d’innovation ouverte dans plusieurs secteurs, attirant plus de 1 000 candidatures issues de plus de 20 pays. Plus de 300 investisseurs africains de premier plan ont déjà pris part au sommet, à la recherche de talents de classe mondiale avec lesquels collaborer.
Kuzamba Mbuangu