Concours de procès fictif de la CPI: "C'est une expérience qui a marqué ma vie" (Débora Sabanga)

Photo/ Droits tiers
Photo/ Droits tiers

Débora Sabanga, étudiante en cinquième année de droit à l'Université de Kinshasa (UNIKIN), a remporté le mois dernier, le prix de meilleure oratrice au Concours de Procès Simulé de la Cour pénale internationale (CPI), organisé par l'Académie de droit international de La Haye. Elle était parmi les quatre étudiants qui représentaient l'équipe de l'UNIKIN à la troisième édition de ce concours.

Pour Débora Sabanga, cette expérience a été "inoubliable et remarquable". Elle a été impressionnée par le niveau des autres concurrents et par l'exigence du concours. Elle a également apprécié l'opportunité de pouvoir exposer ses connaissances devant des experts de renommée internationale.

"J'ai été ravie de mesurer mes compétences à l'échelle mondiale et de pouvoir être fière de la formation que j'ai reçue à l’Université de Kinshasa" confie-t-elle au desk femme d'Actualité.cd

Cette participation a été motivée par son ambition personnelle fondée sur l'excellence et le mérite. "Je me sens mieux dans un environnement d'excellence où je sais que mon travail est valorisé et mes compétences reconnues".

L'un des plus grands défis rencontrés par Débora Sabanga lors de cette compétition, était la maîtrise de la jurisprudence relative aux décisions rendues par la Cour pénale internationale.

En effet, "dans un concours de plaidoiries, ce n'est pas seulement l'art oratoire qui compte. C'est aussi et surtout les arguments soulevés par les parties et les fondements sur lesquels les parties s'appuient qui comptent".

C'est pourquoi elle et ses coéquipiers ont travaillé d'arrache-pied pour identifier et mobiliser les outils du droit international de manière rigoureuse.

"Parfois, on avait le sentiment d'avoir atteint les limites et de céder à la fatigue et au découragement. Mais il fallait continuer et les résultats ont été très satisfaisants", a-t-elle souligné.

Cette expérience qui a profondément marqué Débora Sabanga influencera sans aucun doute ses projets de recherche futurs. "Je me suis sentie pleinement accomplie et très heureuse de recevoir le prix de meilleur plaideur ou meilleure oratrice de cette compétition qui a rassemblé 48 universités", a-t-elle déclaré avec émotion.

Fort de ce succès, Débora Sabanga aspire à devenir une avocate spécialisée en droit international, en particulier en droit pénal international. Elle souhaite également enseigner le droit à l'université afin de contribuer à la diffusion et à la compréhension de la justice internationale.

Convaincue du potentiel des Congolais, et en particulier celui des femmes, Débora Sabanga les encourage à ne pas se fixer de limites et à poursuivre leurs rêves avec ambition et persévérance.

"La femme doit intérioriser une discipline pour le travail et l'excellence. Rien ne peut constituer une limite à sa capacité de mieux faire. Les jeunes femmes doivent prendre conscience qu'elles sont suffisamment compétentes pour tout faire et de prendre le courage d'y aller. Quittons le stade des simples réclamations de reconnaissance d'égalité et tendons vers la preuve de cette égalité par la qualité de notre travail, et l'impact de notre apport au développement de la nation".

Avant de remporter le prix de meilleure oratrice au Concours de Procès Simulé de la CPI, Débora Sabanga s'était déjà illustrée en mai 2024 en obtenant le prix de la sixième meilleure plaidoirie au concours de procès simulé en droit international Charles Rousseau. Ces deux expériences, l'une portant sur la justice internationale et l'autre sur la justice pénale internationale, témoignent de son vif intérêt pour ce domaine et de ses aptitudes remarquables.

Nancy Clémence Tshimueneka