Kinshasa : un opposant condamné à deux ans d’emprisonnement pour « offense au Chef de l'État »

Photo d'illustration
Photo d'illustration

Le Tribunal de Paix de Kinshasa/Ngaliema a condamné lundi l'opposant Parole Kamizelo, alias Maîtrisable, à deux ans de servitude pénale principale pour des infractions d'offense au Chef de l'État et de propagation des fausses informations.

D'après Maître Éloi Mubilansama, l'un des avocats de la défense de ce membre du PPRD, parti de l'ancien Chef de l'État Joseph Kabila, le collectif va interjeter l'appel contre le jugement « fondamentalement d’injuste », estimant que les juges de cette affaire « ont eu des mains lourdes en appliquant la peine la plus forte ».

« Dire que le procès est politique n'est pas exagéré. Rappelons que l'infraction de l'offense au chef de l'État ne fait plus partie de l'attelage juridique et judiciaire. Cette infraction relevait de la sûreté de l'État à l'époque de la dictature mobutienne. En RDC, cette infraction a comme base légale l'ordonnance n°300 du 16 décembre 1963, avec une amende de 2000 à 10000 francs congolais », explique maître Éloi.

Cet avocat ajoute que la poursuite d'une personne rendue coupable à cette infraction est conditionnée au préalable par la plainte de la victime, or dans le cas sous examen, déduit Me Mubilansama, « le chef de l'État, Félix Tshisekedi n'a pas porté plainte, moins encore ses services », soulignant que cette exception d'ordre public est plausible d'être soulevée à chaque étape de la procédure, laquelle a essayé le rejet du Tribunal, comme c'était le cas d'autres exceptions.

« L’ensemble de ces éléments pris cumulativement démontre que Monsieur Kamizelo n'a pas bénéficié du Tribunal l'indépendance, la neutralité au sens de garantie constitutionnelle et internationale au procès équitable et conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme ratifiés par la RDC », conclut-il.

L'opposant Parole Kamizelo, très connu pour sa stratégie de maîtriser ses co-débateur des émissions politiques, écrase l'écran depuis mi 2025 avec ses prises de position contraires au régime de Kinshasa. Lors de son procès, le ministère public lui reprochait d'avoir nié l'existence d'un mariage officiel du président Tshisekedi, dont il demandait avec insistance des photos sur des plateaux de télévision.

Son parti, le PPRD, exige depuis sa libération et celle d'autres hauts cadres, gardés au secret après des opérations qu'il avait lui-même qualifiées d'enlèvements.

Samyr LUKOMBO