Echange des détenus entre AFC/M23 et Kinshasa : François Moreillon, chef de la délégation du CICR reçu par le VPM de la défense dans le cadre du processus de Doha

Convoi CICR
Convoi CICR

Les lignes bougent-elles dans le processus d’échange des détenus entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda ? Ce jeudi 12 mars à Kinshasa, le Vice-Premier ministre de la Défense et François Moreillon, chef de délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en RDC se sont rencontrés et ont échangé au sujet de la libération des détenus de guerre dans l’Est de la RDC, d’après le cabinet ministériel. 

M. Kabombo a salué l’engagement du CICR et exprimé son soutien aux efforts déployés par cette organisation pour la protection de la vie et de la dignité des victimes des conflits armés. 

"Le Comité International de la Croix-Rouge que je représente au niveau de Kinshasa, au niveau du pays travaille depuis maintenant plus de 40 ans en RDC et entretient des relations très régulières avec différents ministères dont celui de la Défense ou nous développons des activités à plusieurs niveaux y compris dans la formation des FARDC sur le droit international humanitaire mais également dans d'autres domaines comme dans notre rôle d'intermédiaire neutre. Donc la visite du jour est liée à ces activités que nous menons en tant qu'intermédiaire neutre dans le cadre du processus de Doha", a déclaré François Moreillon, chef du CICR en RDC. 

La rébellion de l’AFC/M23 a annoncé la semaine dernière à Rumangabo, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), la libération de plus de cinq mille éléments de l’armée congolaise. Selon la rébellion, ces militaires ont été remis au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour leur « rapatriement » à Kinshasa.

«L’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) informe l’opinion publique qu’elle a une fois de plus remis au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) plus de 5 000 éléments des FARDC, capturés sur différents fronts. Ceux-ci seront rapatriés vers Kinshasa sous la supervision du CICR. La cérémonie de remise s’est tenue le lundi 2 mars 2026 au camp de Rumangabo, dans la province du Nord-Kivu», a indiqué la rébellion dans un communiqué.

En réaction, le CICR se dit prêt à accompagner le transfert de ces militaires du Nord-Kivu à Kinshasa.

«Le CICR a pris connaissance du communiqué de l'AFC/M23 annonçant sa décision de libérer un certain nombre d'éléments FARDC détenus. En tant qu'intermédiaire neutre, le CICR se tient prêt à accompagner une telle opération avec l’accord de toutes les parties», a réagi François Moreillon. 

Kinshasa et la rébellion s’étaient engagés dans le cadre du processus de Doha, l’AFC/M23 à procéder à l’échange des prisonniers de guerre. En mai 2025, le CICR avait déjà facilité le transfert de plus de 1 300 militaires désarmés de Goma à Kinshasa. Néanmoins, les rebelles, soutenus par le Rwanda, déplorent le refus de Kinshasa de libérer leurs camarades arrêtés, ainsi que d’autres personnes « en raison de leur simple faciès ». Par ailleurs, l’AFC/M23 accuse Kinshasa de poursuivre « ses violations du cessez-le-feu et d’avoir imposé une guerre généralisée à l’AFC/M23, prenant pour cibles les populations civiles et leurs biens ».

Clément MUAMBA