Eboulement dans la mine de Safi (Lualaba) : le SAEMAPE recommande le retrait des militaires qui déploient des mineurs pour mener l’exploitation anarchique

Le site minier de Safi, près de la cité de Kakanda (Lualaba)
Le site minier de Safi, près de la cité de Kakanda (Lualaba)

Le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE) recommande notamment la démilitarisation du site minier de Safi, près de la cité de Kakanda, dans le territoire de Lubudi (Lualaba), après le drame survenu le 11 mars dernier.

Dans un rapport technique publié à l’issue d’une mission d’inspection effectuée ce jeudi 12 mars, ce service public préconise également la suspension immédiate des activités minières artisanales dans la zone touchée par l’éboulement, ainsi qu’une évaluation technique urgente des parties instables de la carrière.

Au moins 10 mineurs artisanaux morts

L’éboulement s’est produit tôt le matin dans une fosse où travaillaient des exploitants miniers artisanaux. Selon les données recueillies sur place, au moins dix creuseurs ont perdu la vie et une personne a été blessée.

Lors des opérations de recherche menées après le drame, les équipes présentes sur le site ont également découvert un corps en état de décomposition avancée, identifié comme celui d’un enfant d’environ 13 ans.

Failles techniques pointées

Dans son analyse, le SAEMAPE évoque plusieurs facteurs ayant favorisé cet éboulement. Le rapport cite notamment, la hauteur excessive des gradins, estimée à environ 37 mètres alors que la norme recommandée est de 5 mètres ; la nature sablo-argileuse du sol, particulièrement fragile ; un angle de talus trop élevé, parfois compris entre 70 et 80 degrés ; l’absence d’un système adéquat de drainage des eaux.

Ces éléments traduisent, selon le service technique, un déficit d’encadrement dans l’exploitation artisanale pratiquée sur ce site minier.

Exploitation artisanale sous arrangement

Le site de Safi se trouve sur le permis d’exploitation de la société Boss Mining. D’après le rapport, des exploitants artisanaux sont tolérés dans certaines zones de la mine entre 5 heures et 9 heures du matin, dans le cadre d’un arrangement entre une coopérative locale et un partenaire technique.

Cependant, le SAEMAPE précise que la coopérative opérant sur ce site ne dispose d’aucun avis technique préalable de ce service, ce qui pose la question de la régularité de ces activités.

Retrait des militaires

Parmi les principales recommandations formulées, le SAEMAPE demande le retrait des militaires présents sur le site minier de Safi. Le service suggère qu’ils soient remplacés par la Police des mines et hydrocarbures, jugée plus appropriée pour assurer l’encadrement des activités minières.

Le rapport insiste également sur la nécessité de faire valider par le SAEMAPE toute zone destinée à l’exploitation artisanale, avant toute reprise des activités.

En attendant la mise en œuvre de ces mesures, la zone affectée par l’éboulement reste fermée, le temps d’évaluer les risques et de sécuriser le site.

Timothée Prince ODIA