Manifestations anti-occident à Kinshasa:  "Les marches devraient s'organiser partout mais sans violence" (kinoises) 

Photo/ Actualité.cd
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Depuis le 10 février 2024, le mouvement de contestation pour dénoncer les atrocités dans l'Est de la RDC prend de l'ampleur. Ce lundi 12 février, les activités dans le centre ville ont été paralysées, la circulation bloquée sur plusieurs artères de la capitale.


Les Kinois manifestent contre l'indifférence de la communauté internationale face à l'agression des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda.


Ce lundi 12 février, des tentatives de manifestations ont été repoussées par la police nationale sur le boulevard du 30 juin, des pneus ont été brûlés sur les avenues de la justice, Tabouley (ex Tombalbay) et du commerce à Gombe, par les manifestants munis des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Paul Kagame, ami des occidentaux qui tuent à l'Est de la RDC », « dégagez, bandes d'hypocrites » ou encore, « l'Occident complice du génocide

Les femmes rencontrées dans les rues de la capitale ce lundi saluent cette solidarité congolaise, mais désapprouvent les violences contre les diplomates et leurs installations.

"C'est une très bonne idée que la population se réveille pour dénoncer et condamner le silence complice et l'hypocrisie de la communauté internationale. Mais on doit manifester notre mécontentement en respectant les droits des autres. Les marches devraient s'organiser partout, mais sans violence ni casse," constate Judith Nyembo, licenciée en droit croisé sur l'avenue Bokasa à Gombe.

La solution efficace contre le conflit dans l'Est reste et demeure une victoire des FARDC sur les groupes rebelles, pense Marie-Claire Kanyimbu, vendeuse dans un supermarché sur l'avenue du commerce.

"Toutes ces manifestations n'apporteront aucune solution efficace. Certes, elles amèneront la communauté internationale à prendre des positions claires, mais comme souvent, ce sont leurs intérêts qui comptent et priment. Le gouvernement doit lancer des offensives et appuyer l'armée pour imposer la paix. La souveraineté nationale ne se négocie pas."

De son côté, Milene Mwembo, pharmacienne de formation, estime qu'il est temps pour les Congolais de dire non à l'ingérence de la communauté internationale dans les affaires de la RDC.

"Ils vivent de nous et nous tuent lorsqu'on essaie de se relever. On doit arrêter cette dépendance. On doit arrêter d'utiliser leur monnaie, stopper d'importer leurs produits, arrêter l'utilisation de leurs produits sur le sol congolais. Certes, c'est un processus qui demande beaucoup de sacrifices et de temps ; mais c'est le seul moyen de reprendre notre indépendance face à eux."

Nzuzi Dorcas, étudiante à l'IFASIC, condamne, elle, l'arrestation des manifestants par les forces de l'ordre et appelle les Congolais à la mobilisation. 

"On ne se fatiguera jamais. Nos frères et sœurs, ainsi que nos parents meurent tous les jours dans l'Est sous l'œil impuissant de l'Occident qui ne cesse de nous piller pour survivre. L'État doit nous laisser casser cette chaîne et leur faire payer tous ces crimes."

Plusieurs magasins et activités commerciales n'ont pas ouvert ce lundi par crainte de se faire piller pendant ces manifestations. Seuls les petits étalages tels que les cabines téléphoniques ont pris le risque de travailler.


Nancy Clémence Tshimueneka