Manifestation anti-Monusco/Butembo: après quatre jours d'altercations, les neuf civils tués enterrés enfin collectivement sur fond de tension
Samedi 30 juillet 2022 - 17:49
Tombe d'une victime d'attaque des ADF à Beni
Tombe d'une victime d'attaque des ADF à Beni

Les neufs de dix civils tués lors des manifestations anti-Monusco mardi à Butembo ont été, enfin, mis en terre l'après midi de ce samedi 30 juillet à Kitatumba, dans un cimetière public de Butembo. Un compromis a été trouvé entre les autorités, les familles de victimes et les délégués des mouvements citoyens chefs de fil de protestation contre la présence de la mission onusienne. 

C'est au tour de 16h30 que les corps ont été emmenés, du camp militaire de Rughenda au cimetière de Kitatumba, à bord d'un camion Fuso apprêté par les jeunes manifestants. Une fois les neufs cercueils au sol, les illustrés n'ont eu droit qu'aux chants patriotiques scandés par les manifestants, notamment "le début congolais", " la bubolaise", "main dans la main" de la Lucha et l'hymne du parlement debout de Furu. Puis, ils ont enfin été mis sous terre dans des tombeaux creusés la veille par des jeunes manifestants, déterminés à honorer la mémoire de leurs combattants de lutte tués qu'ils qualifient de "martyrs et héros" de la lutte pour la paix et la sécurité. 

Pour Jean-Pierre Kasma, le peuple a gagné.

"Nous voulions les enterrer collectivement. C'est fait. Le peuple a gagné, a obtenu justice. Nous sommes soulagés", a-t-il déclaré à ACTUALITE.CD.

Mais après l'enterrement, les jeunes se sont retournés contre les forces de sécurité, se souvenant du revers subi la nuit dernière, quand les militaires et policiers sont intervenus à coup de balles réelles pour réprimer leur veillée mortuaire improvisée à la place VGH pour les derniers hommages aux victimes.

Aux projectiles lancés par les manifestants, les forces de sécurité répliquaient par des tirs de sommation. Ce qui explique les coups de feu entendus l'après dans le parage du cimetière. 

Dans un entretien la veille avec ACTUALITE.CD, l'avocat Serges Makeo qui a accompagné les manifestants dans toutes les négociations avec les autorités a expliqué que Butembo a décidé un enterrement collectif des victimes civils en vue de faciliter l'érection d'un mémorial et garder les traces de ces crimes commis par les casques bleus contre les civils en RDC.

"Le compromis a été trouvé entre la mairie, l'auditorat et les familles de victimes pour qu'on les enterre d'une manière collective, pour honorer leur mémoire. Ils ont été tués alors qu'ils dénonçaient la passivité de la Monusco à protéger les civils. Ce n'est pas une mort naturelle. C'est une mort noble. Les enterrer de manière collective c'est les honorer, c'est aussi garder les traces de ces crimes qui impliquent les casques bleus. Ça sera facile d'y ériger un mémorial", a expliqué l'avocat congolais. 

Sur les dix civils tués, neuf ont été enterrés collectivement, la famille d'un autre ayant décidé de l'enterrer de manière individuelle. 

Jusque ce samedi, le bilan des manifestations anti-Monusco fait état de 13 morts dont trois casques bleus. L'enterrement des victimes pourra faire baisser la tension et permettre la reprise des activités suspendues depuis une semaine. 

Claude Sengenya

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